La chute de Rome et de l'Empire Romain

ainsi que la disparition de la philosophie et de la civilisation Gréco-Romaine

causées par le christanisme ?


Peinture Cole Thomas Destruction

   La question de la responsabilité du christianisme dans l'effondrement de l'empire romain d'Occident au Ve siècle ne peut pas être balayée comme étant seulement la thèse de Voltaire, Nietzsche et d'autres libre-penseurs anti-chrétiens. C'était la prédiction du philosophe païen Celse au IIe siècle en cas de convertion de l'empire au christianisme, et les contemporains du sac de Rome (en 410 par les Wisigoths) jugèrent que l'adoption toute récente du christianisme (en 395) était la cause directe de cette catastrophe. La polémique était telle que Saint-Augustin écrivit justement son oeuvre majeure la cité de Dieu contre les païens pour répondre à cette polémique (voir les chapitres 1-5 et chez Orose également). On retrouve cette accusation porté contre le christianisme chez divers auteurs du Vème siècle, par exemple l'historien païen Zosime, (pour le chrétien Salvien "c’étaient les dérèglements des chrétiens qui avaient attiré les ravages des barbares" (Montesquieu, Considérations sur les causes de la grandeur des Romaines, chap.19).

    Nous allons présenter ici la thèse de Gibbon, et nous allons la discuter aux vues d'études et découvertes archéologiques plus récentes et nous allons confronter ses arguments aux réfutations qui ont été avancées contre lui par d'autres historiens qui pensent différemenet et notament ceux qui pensent qui ont argumenté contre l'idée que le christianisme est la cause de la chute de Rome et proposent d'autres explications.


Chronologie christianisation (code théodosien) et invasion Barbare


     - 325 Concil de Nicée. L'empereur Constatin transforme le christianisme en une religion officielle de l'état. Le paganisme encore majoritaire dans la population reste toléré mais commence à être persécuté.

         - 357 l'Empereur Constance II fait enlever l'hotel de la victoire à Rome (déesse Kinée). Premiers édits qui tentent d'interdire la pratique païennes.
     - 361 première
restauration païenne. L'Empereur Julien l'apostat rétablit l'hotel de la victoire et condamne l'église chrétienne à restaurer tous les temples qu'ils ont abimés. L'église chrétienne est ruinée.
       - 378 Incursion des Goths dans les balkans. Victoire sur l'armée romaine à Andrinople.
       - 380 Edit de Thessalonique (conversion de Constantinople au christanisme nicéen)

       - 381 Ceux qui font des sacrifices païens ou des prières seront pénalisés par la perte de propriété.

    - 382 Symmaque proteste contre le nouvel enlèvement de la statue et de l'Autel de la  Victoire (obtenu par St Ambroise, évèque de Milan).

     - 383 Loi contre l'apostasie: les chrétiens confirmés qui se sont tournés vers le paganisme ne peuvent émettre de testament à personne. (renforcée en 391: Les personnes ayant un rang ou un statut hérité qui abandonnent le christianisme perdront leur position et seront marquées d'infamie).

        - 386 Destruction du temple de Zeus ordonné par l'évèque d'Apamée (Syrie).

        - 388 Aucune discussion ou débat public sur la religion ne peut avoir lieu.
     - 388 Conversion forcée de Rome sous la pression. L'empereur Théodose fait irruption en trainant les dieux de l'antiquité en triomphe derrière son char
(Gibbon, chap XXVIII).

        - 391 Edit d’interdiction de visiter les temples païens. Interdiction du culte des images.

        - 392 Destruction du Sérapéum et de la bibliothèque d'Alexandrie ordonné par l'évêque d'Alexandrie (Egypte).

    - 393 Seconde restauration païenne à Rome. Empereur Eugéne, le general Arbogast et le prefet Nicomaque rétablissent une dernière fois l'hotel de la victoire et les cultes païens.

        - 394 La guerre civile se résout à bataille du Frigidus: défaite du camps païen contre Théodose.
        - 394 Interdictions des jeux olympiques. 3000 ans d'antiquité greco-romaine mais aussi egyptienne disparait.

       - 395 Edit stipulant que chacun doit se hâter d'obéir aux lois précédemment promulguées sur les hérétiques et les païens (en 391). Les gouverneurs et autres fonctionnaires qui n'appliquent pas cette loi seront punis et condamnés à une amende, et les gouverneurs en particulier.
        - 395 Les Wisigoths ravagent la Grêce (Athènes et Sparte).
     - 396 Tous les privilèges accordés dans l'ancienne loi aux prêtres et chefs païens sont abolis. Ils ne peuvent prétendre à des privilèges, car leur profession est aujourd'hui condamnée.
        - 397 Edit demandant la réutilisation des pierres des temples païens détruits (déblayage).

        - 399 Les temples païens dans les zones rurales doivent être démolis

      - 399 Les temples ne contenant pas d'objets illégaux [tels que des statues et des autels] ne peuvent pas être détruits. Les ornements des bâtiments publics ne doivent pas être détruits. Nul ne peut utiliser des lois antérieures comme prétexte pour détruire des édifices publics. Si des réparations sont nécessaires sur un bâtiment, l'autorisation est accordée d'enlever les images des empereurs sans consultation préalable, à condition qu'elles soient restaurées dès que les réparations sont terminées.
        - 401 Les Wisigoths entrent en Italie du Nord, et sont seulement repoussés
dans les balkans par Stilicon.

       - 405 le collège des vestales est aboli et le feu sacré est éteint. Stilicon fait bruler les Livres sibyllins et son épouse Serena, également nièce de Théodose, entre dans le temple de Vesta, prend le collier de la statue de la déesse et le place à son propre cou (Zosime, V, 38).

       - 406 Les Ostrogoths ravagent l'Italie du Nord et font le siège de Florence (sauvé in extremis par Stilicon).
       - 407
Franchissement du Rhin. Les Vandales, Alains, Suèves ravagent la Gaulle. Abandon de la Bretagne.
       - 407 Interdition générale des pratiques paiennes. Interdiction des cérémonies paîennes (banquets). Tous les autels païens doivent être démolis.

       - 408 Edit ordonnant la destruction des idoles dans les lieux de culte. Destruction des images qui recoivent un culte.
       - 408 Epuration du gouvernement. Interdiction aux "ennemis de la religion catholique" de servir au palais impérial ou à tout poste impérial. (émeutes anti-chrétiennes et des soldats changent de camps)
       - 409 Les outrages contre les évêques catholiques méritent la peine capitale.

       - 409 Les Vandales et d'autres Germains ravagent l'Espagne
       - 410 Sac de Rome par les Wisigoths

    - 412 Les esclaves et les métayers (agriculteurs serviles) seront rappelés à la foi catholique par de fréquentes flagellations.
        - 412 Nul qui a abandonné ses enfants ne peut les réclamer s'ils sont recueillis par l'Église. La signature de l'évêque est le témoignage nécessaire que l'Église a accueilli l'enfant. (prédation pédophile).
        - 412 Le clergé ne peut être poursuivi que devant un évêque.

        - 415 Toute place autrefois consacrée au paganisme sera donnée à l'église.

        - 415 Assassinat de la philosophe Hypathie par la milice de l'évèque Cyrille reconnut comme un Saint par l'église.     
        - 416 Exclusion des païens de l'armée, de l'administration, et de la justice.

        - 416 Les Wisigoths sont envoyés en espagne à la solde de Rome et Rome leur accorde des terres en Aquitaine.
       - 423 Les chrétiens ne peuvent pas attaquer ou piller les juifs ou les païens. Ils doivent rembourser trois fois ce qu'ils ont pris à un païen ou à un juif innocent.
(Loi révélatrice du climat mais aussi étonante. Peut-être une temporisation stratégique liée à la prise de pouvoir de l'usurpateur
occident païen défait en 425).

       - 429 Les Vandales ravagent l'Afrique du Nord
       - 430 si un coupable se promène avec un prêtre ou des évêques, il ne peut être détenu.
    - 431 Lorsque des criminels se réfugient dans une église, nul ne peut offrir la force ou la violence pour les y appréhender. Quiconque aura tenté d'entraîner un criminel hors d'un sanctuaire sera condamné à la peine capitale.
     - 435 Edit de rappel de destruction des temples "s'il en reste d'intacts". Les temples et sanctuaires païens doivent être démolis et remplacés par le symbole du christianisme : la croix. Quiconque se moque de cette loi risque d'être exécuté.
       - 435 Geiséric obtient pour les Vandales le statut de fédérés de l'Empire

       - 455 Second Sac de Rome par les Vandales  


Une simple coïncidence ? On voit que la séquence d'interdiction du paganisme et les invasions barbares semblent liées. A la vue des évenements, on peut se demander si la volonté manifestement fanatique d'imposer le christianisme à un peuple qui n'en voulait pas et de créeer un état théocratique n'a pas désagréger la société l'unité de l'armée et provoquer la chute brutale de l'empire romain d'Occident à ce moment là ?

   
Remarque: le judeo/christianisme n'est pas un concept inventé au XIXe sicèles, mais c'est bien la religion/civilisation qui prend le pouvoir dans l'empire romain au tournat du Ve siècle.
-393 La secte juive est protégée par la loi. Aucune synagogue ne sera spoliée, et aucun règlement ne pourra être promulgué pour interdire le judaïsme, même au nom du christianisme.
-397 Les Juifs ne doivent pas être harcelés ou attaqués ; les gouverneurs doivent maintenir la tranquillité des synagogues. Le clergé juif est autorisé à conserver ses propres lois et rituels et est exempté de service comme dans les sénats municipaux. Ils doivent avoir les mêmes privilèges que le clergé chrétien.
-412 Les Juifs ne peuvent pas être persécutés pour leur religion ou se voir confisquer leurs biens sans motif. Ils sont avertis, cependant, qu'ils ne peuvent pas manquer de respect au christianisme.
- 415 Les Juifs sont autorisés à détenir des esclaves chrétiens à condition que les esclaves soient autorisés à conserver leur christianisme.


     Sur cette page, nous nous proposons de donner des clefs de compréhension de la chute de Rome, la chute de l'Empire d'Occident, et plus largement de la disparition de la civilisation gréco-romaine et éclairer en particulier la question de la co-responsabilité ou non du christianisme dans ce désastre.
    La disparition de la civilisation gréco-romaine est à l'évidence due à de multiples causes non exclusives (on compte plus de 210 théories) mais qui aboutissent au final à son remplacement par la civilisation judéo-chrétienne.
Comme nous allons le voir en détail, l'histoire de la chute de Rome est très liée à l'histoire de la philosophie et donc bien que je ne sois pas historien, je pense que le point de vue de philosophe est essentiel pour bien comprendre cet événement. En utilisant "Histoire du déclin et de la chute de l'Empire romain : Rome de 96 à 582". Edward Gibbon (Robert Laffont. 1983) comme fils conducteur, complété d'autres sources plus récentes, nous allons voir que la chute de l'empire romain d'Occident s'est déroulée en 3 grandes étapes:


            1 - l'âge d'Or de l'Empire Romain (IIe siècle)

            2 - la déstabilisation: mutation culturelle (IIIe siècle)                                         

            3 - le basculement: changement de religion et donc de civilisation (IVe siècle)

            4 - l'effondrement: les invasions barbares (Ve siècle)                                         





Etat des Lieux: l'antiquité gréco-romaine un sommet de la civilisation
 
(Ve siècle avant JC - IIe siècle après JC)



 - L'apogée de l'antiquité gréco-romaine la civilisation greco-romaine nait au VIIIe sicèle avant JC (époque d'Homère en Grêce et fondation de Rome en Italie). Son apogée copmence du Ve siècle après JC à la fin du IIe siècle après JC. Cette civilisation atteint son sommet au IIe siècle après JC, sous les Antonins, époque de paix, de prospérité et de bonheur presque généralisé. (7 siècles centraux - Epicurisme et stoïcisme dominant. voir paul de Tarse à Athènes (actes des apôtres). Encore au II ième sicèlce Chaire sous Marc-Aurèle. les derniers épicurien. Lucien. Onenda sur pierre. Diogène Laerce.)


Peinture Cole Thomas Consummation- Le IIe siècle romain: un sommet du dévelopement humain. L'Empire romain avait atteint au IIe siècle un niveau de dévelopement humain et une prospérité encore inégaliée à son époque. Au XVIIIe siècle, Gibbon pouvait encore écrire que la population de l'empire romain de cette époque "excède peut-être celle de l’Europe moderne, et qui forme la société la plus nombreuse que l’on ait jamais vue réunie sous un seul gouvernement" (Gibbon, Chap II. p31). En effet, Alexandrie comptait au moins un demi-million d'habitant et Rome 1,2 million d'habitant, un niveau que Paris et Londres n'atteignent qu'au XIXe sicèle !  
       Malgré la méconnaissance de découvertes essentielles  de la renaissance nécessaires au monde moderne (pomme de terre,
mécanisation,...), le génie de l'organisation antique avait permis un niveau de développement sans précédent, nettement visible dans les biens de consommations. L'historien-archéologue Bryan Ward-perkins insiste que dans l'empire romain ce dévelopement des biens de consomation touche même les classes modestes dans des provinces reculées comme la bretagne.

     La conclusion de ce tableau est qu'il s'est passé une catatrophe d'une ampleur considérable à la fin de l'antiquité et que si l'on pouvait allier aujourd'hui le génie moral et civique des anciens à la puissance technologique conférée par la science moderne, on pourrait amener l'humanité bien plus loin sur le chemin du progrès.



- Félicité générale: "les Romains et les habitans des provinces sentaient vivement et reconnaissaient de bonne foi l’état heureux et tranquille dont ils jouissaient. « Ils conviennent tous que les vrais principes de la loi sociale, les lois, l’agriculture, les sciences, enseignées d’abord dans la Grèce par les sages Athéniens, ont pénétré dans toute la terre avec la puissance de Rome, dont l’heureuse influence sait enchaîner, par les liens d’une langue commune et d’un même gouvernement, les Barbares les plus féroces. Ils affirment que le genre humain, éclairé par les arts, leur est redevable de son bonheur et d’un accroissement visible : ils célèbrent la beauté majestueuse des villes et l’aspect riant de la campagne, ornée et cultivée comme un jardin immense : ils chantent ces jours de fêtes, où tant de nations oublient leurs anciennes animosités au milieu des douceurs de la paix, et ne sont plus exposées à aucun danger. » Quelque doute que puisse faire naître le ton de rhéteur et l’air de déclamation que l’on aperçoit dans ce passage, ces descriptions sont entièrement conformes à la vérité historique." (Gibbon, Chap II, p42).

             "S’il fallait déterminer dans quelle période de l’histoire du monde le genre humain a joui du sort le plus heureux et le plus florissant, ce serait sans hésiter qu’on s’arrêterait à cet espace de temps qui s’écoula depuis la mort de Domitien jusqu’à l’avénement de Commode. Un pouvoir absolu gouvernait l’étendue immense de l’empire, sous la direction immédiate de la sagesse et de la vertu. Les armées furent contenues par la main ferme de quatre empereurs successifs, dont le caractère et la puissance imprimaient un respect involontaire, et qui savaient se faire obéir, sans avoir recours à des moyens violents. Les formes de l’administration civile furent soigneusement observées par Nerva, Trajan, Adrien et les deux Antonins, qui, chérissant l’image de la liberté, se glorifiaient de n’être que les dépositaires et les ministres de la loi. " L'antonin Marc-Aurèle fut le dernier des "cinq bons empereurs" (expression inventée en 1503 par Machiavel) qui marque l'age d'Or de l'empire romain: "Sa mémoire fut longtemps chère à la postérité ; et plus d’un siècle encore après sa mort, plusieurs personnes plaçaient l’image de Marc-Aurèle parmi celles de leurs dieux domestiques" (Gibbon  Chap III, p58).




Le progrès morale et sociétal


- Conditions des femmes. A partir d'Auguste, les femmes sont émancipées de la tutelle de leur mari après leur troisième enfants (plsu en pratique sous les antonins). La place majeure des Vestales dans la religion romaine montre également une différence notable avec le catholicisme et l'islam ou aucune fonction religieuse d'importance est occupée par des femmes.
- Politique sociale. Les empereurs distribuent du pain gratuitement à la population. Trajan crééa l'aide alimentaire pour les enfants démunis. De même, Marc-Aurèle crééa un orphelinat pour jeune-filles abandonnées. (Dumezil sur l'Evergétisme).

- La paix (Pax Romana - une prospérité inédite). "Adrien et les deux Antonins s’attachèrent également au système général embrassé par Auguste. Ils persistèrent dans le projet de maintenir la dignité de l’empire, sans entreprendre d’en reculer les bornes : on vit même ces princes employer toutes sortes de moyens honorables pour gagner l’amitié des Barbares. Leur but était de convaincre le genre humain que Rome, renonçant à toute idée de conquête, n’était plus animée que par l’amour de l’ordre et de la justice." "Les contrées soumises à Trajan et aux Antonins étaient étroitement unies entre elles par les lois, et embellies par les arts. Il pouvait arriver qu’elles eussent à souffrir occasionnellement de quelques abus du pouvoir confié aux délégués du souverain ; mais en général le principe du gouvernement était sage, simple et établi pour le bonheur des peuples. Les habitans des provinces exerçaient paisiblement le culte de leurs ancêtres, et, confondus avec les conquérans, ils jouissaient des mêmes avantages, et parcouraient d’un pas égal la carrière des honneurs." (Gibbon, Chap I, p6). Pas une société militarisée, seulement 0,5% de soldats.
-l'irreligion. "Cicéron se servit des armes de la raison et de l’éloquence pour combattre les systèmes absurdes du paganisme : mais la satire de Lucien était bien plus faite pour les détruire : aussi ses traits eurent-ils plus de succès. Un écrivain répandu dans le monde ne se serait pas hasardé à jeter du ridicule sur des divinités qui n’auraient pas déjà été secrètement un objet de mépris aux yeux des classes éclairées de la société. Malgré l’esprit d’irréligion qui s’était introduit dans le siècle des Antonins, on respectait encore l’intérêt des prêtres et la crédulité du peuple. Les philosophes, dans leurs écrits et dans leurs discours, soutenaient la dignité de la raison, mais ils soumettaient en même temps leurs actions à l’empire des lois et de la coutume. Remplis d’indulgence pour ces erreurs qui excitaient leur pitié, ils pratiquaient avec soin les cérémonies de leurs ancêtres, et on les voyait fréquenter les temples des dieux ; quelquefois même ils ne dédaignaient pas de jouer un rôle sur le théâtre de la superstition, et la robe d’un pontife cachait souvent un athée."
(Vespasien en mourrant "je crois que je deviens dieu!")

- Tolérance de la diversité religieuse et lutte contre les fanatiques. Les romains polythéistes étaient généralement assez tolérants envers les diverses formes de culte dans l'Empire. Chaque peuple pouvait honorer ses dieux. Toutefois, les romains combattait férocement certaines formes de superstition qui les révoltait. En particulier, les druides celtes avaient interdit l'écriture, pratiquaient des sacrifices humains et fomentaient des révoltes contre le pouvoir Romain, ce pourquoi leur religion fut interdite en Gaule puis en Bretagne (Gibbon chap II, p24). De même, le fanatisme des juifs et l'intolérance des prédicateurs chrétiens causèrent des conflits récurrents avec les Grecs et les Romains.

- L'Empeur Romain: un monarche républicain au service du bonheur du peuple.

    "L’aspect de la cour répondait aux formes de l’administration. Si nous en exceptons ces tyrans qui, emportés par leur folles passions, foulaient aux pieds toutes les lois de la nature et de la décence, les empereurs dédaignèrent une pompe dont l’éclat aurait pu offenser leurs concitoyens, sans rien ajouter à leur puissance réelle. Dans tous les détails de la vie, ils semblaient oublier la supériorité de leur rang : souvent ils visitaient leurs sujets, et les invitaient à venir partager leurs plaisirs ; leurs habits, leur table, leur palais, n’avaient rien qui les distinguât d’un sénateur opulent : leur maison, quoique nombreuse et brillante, n’était composée que d’esclaves et d’affranchis. Auguste ou Trajan aurait rougi d’abaisser le dernier des citoyens à ces emplois domestiques que les nobles les plus fiers de la Grande-Bretagne sont aujourd’hui si ambitieux d’obtenir dans la maison et dans le service personnel du chef d’une monarchie limitée."
     "Dans les républiques d’Athènes et de Rome, la modestie et la simplicité des maisons particulières annonçaient l’égalité des conditions, tandis que la souveraineté du peuple brillait avec éclat dans la majesté des édifices publics. L’introduction des richesses et l’établissement de la monarchie n’éteignirent pas tout-à-fait cet esprit républicain. Ce fut dans les ouvrages destinés à la gloire et à l’utilité de la nation, que les plus vertueux empereurs déployèrent leur magnificence. Le palais d’or de Néron avait excité à juste titre l’indignation ; mais cette vaste étendue de terrain envahie par un luxe effréné, servit bientôt à de plus nobles usages." Gibbon, Chap II, p35
- La méritocratie républicaine. "[L'Empereur] Vespasien, né dans l’obscurité, ne tirait aucun lustre de ses ancêtres : son aïeul avait été soldat, et son père possédait un emploi médiocre dans les fermes de l’état." (Gibbon ChapIII, p55). Egalité juridique de tous les citoyens devant la loi (la loi des 12 tables en 451 avant JC: le "1789 romain"). Dioclétien, fils d'esclave, devient empereur romain.

- Conditions des esclaves. Le mot esclave ne décrit pas dans l'antiquité la même réalité que l'escalvage du code de noir. Dans l'anquité Les esclaves sont principalement des prionniers de guerres de peuple qui venaient piller Rome (ou  des citoyens pour dette). L'antiquité part d'un niveau très bas, proche de l'état de nature. L'escalvage est la seule alternaltive à l'excéution des ordes de sauvages préhistoriques que l'on vaint sur le champs de bataile et que l'on ne peut relacher dans la nature. On observe malgré tout progressivement un adoucissement de la conditions des esclaves et des lois nouvelles pour les protéger des abus (Gibbon, Chap II, p23/30). L'abolition n'est pas tellement un sujet car l'esclave n'est pas comme le serf qui reste dans sa caste pour toujours. L'esclave méritant a vocation à gagner son affranchissement et cela se produit souvent. Déjà au début de l'empire, les affranchissements sont tellement massifs que l'empereur auguste avait pris des lois pour les ralentir (Lex Aelia Sentia et Lex Fufia Caninia). (le satyricon met en scène de riches affranchis). Un tiers des esclaves sont affranchis par générations. L'empire romain ne s'est pas effondré à cause d'une sortie de l'esclavage via la christianisme (thèses néo-marxistes ou Louis Rougier). La condition des esclaves est meilleure sous les Antonins que sous les premiers empereurs chrétiens (Patrice Larroque. De l'esclavage chez les nations chrétiennes).


- La menace chrétienne. A la fin du IIe siècle, le philosophe païen Celse prédit la chute future de l'empire romain si un terme n'est pas rapidement mis à la diffusion du christianisme. Le très sage et très modéré empereur Marc-Aurèle prend des mesures contre les agitateurs chrétiens qui prônent l'intolérance religieuse et refusent de participer au culte impérial (religion civile). Les condamnations (persécutions) de chrétiens s'intensifient sous Marc-Aurèle. Un de ses maîtres stoïcien, Quintus Junius Rusticus, préside le procès et la condamnation à mort de Justin de Naplouse.
    Toutefois, le stoïcien Marc-Aurèle voyait l'action providentielle des dieux dans l'attribution des parents et des enfants. Sous l'effet de cette croyance, et aussi pour éviter à son fils un assassinat certain s'il ne devenait pas Empereur, il laisse le jeune Commode lui succéder plutôt que de choisir le plus apte à gouverner comme l'avait fait ses prédécesseurs. La succession filiale avait déjà créé des graves crises au Ier siècle (avec Caligula, Néron, Domitien) qui avaient pu être jugulées par la nomination de Vespasien puis des Antonins. Là, la melagomanie d'un nouveau fils d'empereur fut la cause d'une nouvelle crise mais qui ne fut cette fois-ci pas corrigée et produisit un engrenage de désastres qui aboutirent au final à la chute de l'empire Romain.
   Commode fut le premier à tolérer le christianisme... 
D'une manière générale, les empereurs favorables au christianisme vont globalement affaiblir l'empire (Commode, les Sèvères, Phillipe, Gallien, Valens...), tandis que les défenseurs de la romanité vont combattre cette religion, mais après Marc-Aurèle leur règne fut le plus souvent très courts. La mort tragique, accidentelle et prématurée de Pertinax en 193, Gordien en 238, Dèce en 251, Claude en 270, Aurélien en 275, Probus en 282 Julien en 363 et Majorien en 461 sont une explication supplémentaire à la chute de l'empire qui a vraiment manqué de chance car aucune des diverses tentatives ultérieures de restauration de la romanité n'a jamais eu le temps d'aboutir. Au contraire Constatin durera 30 ans.




IIIe siècle
 la déstabilisation des valeurs gréco-romaine
classiques



 - Les orientations philosophiques peu éclairées des nouveaux empereurs: Commode était sous l'influence de sa favorite, Marcia, patrone des chrétiens. Contre le sage avis de son père Marc-Aurèle, Commode inaugure la tolérance du christianisme dans l'empire et soutien l'évèque de Rome. "Par une fatalité singulière, les maux [que les chrétiens] avaient endurés sous le gouvernement d'un prince vertueux cessèrent tout à coup à l'avènement d'un tyran" (Gibbon, chap XVI, p407). Commode fut en effet l'un des pires empereur romain. "L'avènement de Gallien, en augmentant les calamités de l'empire, rendit la paix à l'Église" Gibbon, chap XVI.
        Sous Commode,
le sénat s'orientalise. (Voir les études génétiques: Posth et al., Sci. Adv. 2021; 7 : eabi7673. The origin and legacy ofthe Etruscans through a 2000-year archeogenomic time transect). Ceci favorise la  superstition qui va continuer de se développer sous la dynastie des Sèvères avec l'appui du pouvoir impérial. L'empereur Septime Sèvère "comme presque tous les Africains, s’appliquait avec la plus grande ardeur aux vaines études de la divination et de la magie" (Gibbon chap VI). Il introduit le philosophe sophiste Flavius Philostratus à sa cour et sa femme, l'impératrice Julia Domna, lui commande une vie d'Apollonios de Tyane (un néo-jésus-christ faiseur de miracles), que Lucien de Samosate  moquait comme un charlatan. La nourice et le précepteur de Caraccala étaient tous deux chrétiens (Gibbon, chap XVI, p407). La nièce de Julia Domna, Julia Mamaea, mère du futur empereur Alexandre-Sévère, s'intéressait aussi vivement aux choses du christianisme et pour ses dévotions, l'empereur Alexandre-Sèvère réunit les portraits de saints personnages, parmi lesquels Apollonius de Tyane, le Christ, Abraham et Orphée (Gibbon p408/409).
    Le christianisme continue ainsi de se diffuser sans obstacle majeur
après Marc-Aurèle (les quelques persécutions sont courtes et d'ampleur limitées) et le christianisme bénéfie en fait le plus souvent du soutien du pouvoir impérial.



- le néoplatonisme. Au milieu du IIIe siècle, l'empereur Gallien donne une reconaissance publique au christianisme et fait venir le néoplatonicien Plotin à sa cour. L'appui impérial favorise cette nouvelle orientation de la philosophie. "Les nouveaux platoniciens s’épuisaient en disputes de mots sur la métaphysique. Occupés à découvrir les secrets du monde invisible, ils s’appliquaient à concilier Platon avec Aristote sur des matières aussi peu connues de ces philosophes que du reste des mortels ; et, tandis qu’ils consumaient leur raison dans des méditations profondes, mais illusoires, leur esprit demeurait exposé à toutes les chimères de l’imagination. Ils prétendaient posséder l’art de dégager l’âme de sa prison corporelle ; ils se vantaient d’avoir un commerce familier avec les esprits et avec les démons et, par une révolution bien étrange, l’étude de la philosophie était devenue l’étude de la magie. Les anciens sages avaient méprisé la superstition du peuple : après en avoir déguisé l’extravagance sous le voile léger de l’allégorie, les disciples de Plotin et de Porphyre s’en montrèrent les plus zélés défenseurs" "Fanatisme des philosophes: On est surpris et scandalisé que les philosophes eux-mêmes aient voulu abuser de la crédulité superstitieuse des hommes, et qu’ils aient cherché à soutenir les mystères grecs par la magie ou théurgie des platoniciens. Ils se vantaient audacieusement de pouvoir contempler l’ordre mystérieux de la nature, pénétrer les secrets de l’avenir, commander aux démons inférieurs, jouir de la vue et de la conversation des dieux supérieurs ; et, en dégageant l’âme de ses liens matériels, réunir à l’esprit divin cette immortelle particule de son être infini... [confirmant] cette alliance monstrueuse de la philosophie et de la superstition" (Gibbon, chap XIII p291. chap XXIII, p 638).



- Fragilité Culturelle. Le christianisme est également favorisé par l'ouverture trop rapide de la citoyenneté romaine à des peuples peu éclairés qui fragilisent la culture gréco-romaine (exemple: édit de Caracalla Sèvère en 212) et qui, comme les barbares se convertissent facilement au christianisme. Au milieu du IIIe siècle, « les 35 tribus (originelles) du peuple romain composées de guerriers, de magistrats et de législateurs avait disparu dans la masse commune du genre humain: elles étaient confondues avec des millions d'esclaves habitants des provinces, et qui avait reçus le nom de Romains, sans adopter le génie de cette nation si célèbre. La liberté n'était plus le partage que de ces troupes mercenaires levées parmi les sujets et les barbares des frontières qui souvent abusaient de leur indépendance. Leurs choix tumultuaires avaient élevés sur le trône de Rome un Syrien, un Goth, un Arabe et les avaient investi du pouvoir de gouverner despotiquement les conquêtes de la patrie des Scipions » (Gibbon, chap VII, p145).
    Ce problème s'aggrave dramatiquement au IVeme siècle après les réformes militaires désastreuses de Constantin (Michel de Jaeghere. Les derniers jours, la fin de l'empire romain d'Occident)


 
La terrible crise du IIIe siècle. épidémies + mauvaise gouvernance depuis le tyran Commode, + hausse de la fiscalité qui asphyxie l'économie -> crise économique + famines + baisse de la natalité + défaites militaires + premières invasions barbares. Ceci conduit l'empire à une très grave crise qui atteint son apogée avec la faiblesse de l'empereur Gallien, occupé à converser avec Plotin et qui laisse l'empire non-défendu se disloquer, envahi de toute part par les barbares.

    Après l'apocalypse entre 235 et 268 où famines + épidémies + barbares conduisirent à la mort de près de la moitié de la population, les empereurs Illyriens Claude, Aurélien et Probus réagissent et font cesser rapidement le désordre. Les barbares qui mettent l'empire à feu et à sang en toute impunité et sans réaction depuis des décennies ne comprent pas de qui se passe tout à coup.  Avec les empereurs illyriens la machine romaine se remet en marche et ils écrasent les barbabres étonnés qui s'enfuient en détressse. Ces évènements du milieu du IIIe siècle montrent que la puissance romaine certe diminuée était toujours là, mais qu'elle était complètement paralysée par une crise de gouvernance. Ce prémice aide à comprendre la crise terminale qui arua lieu 150 ans plus tard.


- Une Correction insuffisante. Les empereurs illyriens redressent l'état, et sauvent l'empire. Ils font aussi cesser la tolérance contre le christianisme. Mais il est trop tard ! Cette doctrine s'est trop répandue dans la population pour que leur successeurs puissent maintenant faire facilement marche arrière ; d'autant que le climat défavorable de la crise et des épidémies a favorisé une montée générale de superstitions dans le peuple et accèlère également la corruption de la philosophie parmi les élites.


 

La destruction de la philosophie classique. A la fin du IIIe siècle, les païens sont devenus beaucoup plus superstitieux et ils renient les philosophes classiques de la Grêce qui ont pourtant façonné leur culture depuis 700 ans. "Les bosquets de l’académie, les jardins d’Épicure, et même le portique des stoïciens furent presque abandonnés, comme autant d’écoles différentes de scepticisme ou d’impiété ; et plusieurs parmi les Romains désirèrent que les écrits de Cicéron fussent condamnés et supprimés par l’autorité du sénat. La secte dominante des nouveaux platoniciens crut devoir s’unir avec les prêtres [conduisant à] une alliance monstrueuse de la philosophie et de la superstition" (Gibbon, Chap XVI, p414). Ainsi, l'élite romaine jadis éclairée par l'épicurisme et le stoïcisme a disparu et la philosophie est désormais réduite au seul néoplatonisme qui ouvre la voie vers le monothéisme. Dans ce contexte, se développe des cultes supertitieux à tendance monothéiste. Les conditions sont désormais réunies pour une transformation de plus grande ampleur et donc un changement de civilisation.




- la mutation culturelle.  « N'est-ce pas précisément l'un des traits les plus caractéristiques du 3e siècle que la foi aveugle et l'entraînement irraisonnée des meilleurs esprits aux devins de toutes sortes et de toutes origines, aux thaumaturges et aux prophétiseurs? […]
     [Sous Dioclétien], l'expansion radical des rangs supérieurs de la société se doubla d'une évolution aussi radicale dans l'histoire de la pensée. C'est la thèse de ce chapitre. L'arrivée massive de nouveaux titulaires de charge ecclésiastique et laïque dans l'élite remodela cette dernière à leur image [...] Les mentalités repérables dans les limites de l'Empire à l'époque de Pline (Ier siècle) furent submergées par d'autres mentalités très différentes, plus populaire. Le spectre des croyances fut amputé de son extrémité sceptique et empirique. Il ne restait plus que le milieu et l'extrémité la plus crédule.[…]  J'aurais donc tendance à compter non pas sur de nouvelles idées qui se seraient introduite dans la tête des individus mais sur des individus nouveaux avec leurs vieilles idées qui arrivent à des positions d'où on pouvait mieux les entendre - en bref une explication démographique du changement culturel. [...]
    L'événement historique central que l'on repère est la disparition du rationalisme.
[…] Le moyen-âge survient appelé ainsi parce qu'il se situe entre ce que les hommes des Lumières sentaient être leur propre époque éclairée et l'époque éclairée de l'Antiquité. […] Alors que Cicéron avait pu affirmer que les événements se produisaient soit parce qu'ils étaient voulus, soit par le destin, le hasard ou des causes naturelles, Augustin reculera d'un pas et prétendra que tous les événements en définitif dépendent de la volonté de Dieu. À quoi bon s'ennuyer avec les livres et la philosophie?"
Ramsay Macmullen. Christianisme et paganisme. Chapitre 3.



IVe siècle
le basculement:
la guerre civile païen-chrétien



- Perte du caractère romain. Au IV siècle, "les Romains de bonne foi reconnaissaient avec regret que la capitale avait attiré dans son sein tous les vices de l’univers et les mœurs des nations les plus opposées. [...] se trouvaient réunies dans une multitude d’hommes qui, sous la vaine et fausse dénomination de Romains" "Dans l’exercice de la juridiction domestique, les nobles de Rome montrent la plus délicate sensibilité pour toute injure qui leur est personnelle, et une indifférence dédaigneuse pour tout le reste du genre humain. Demandent-ils un vase d’eau chaude, si l’esclave tarde à l’apporter, trois cents coups de fouet le corrigent de sa lenteur ; mais si ce même esclave commet un meurtre volontaire, son maître observe avec douceur que c’est un fort mauvais sujet, et l’avertit que s’il récidive, il le fera punir comme il le mérite." Gibbon XXXI. Totalement contraire à Socrate, Péricles et Fabius Maximus (selon Plutarque), les stoiciens...


- Fin de l'évergétime au IVe siècle (Dumezil) apparition de grande villas pour l'aristocratie seulement. Augmentation des impôts pour le peuple. Les évéques remplacent l'ancienne aristocratie romaine pour la charité publique.


- La conversion de Constantin. En 313, Constantin s'allie aux chrétiens (5% de la population de l'époque) pour devenir Empereur et fait du christianisme la religion officielle de l'état. Il fait transférer la capitale de l'empire romain à Constantinople (Istanbul) pour favoriser le pouvoir de cette nouvelle religion impopulaire à Rome. Il confie à des chrétiens les postes clefs de l'administration qui commencent à persécuter le paganisme (destruction et pillage de temples). L'affrontement avec Licinius tourne également à un affrontement païen contre chrétiens, mais Constatin l'emporte et impose sa version du christianisme au concil de Nicée.


    Vers 353-357, le christianisme est bien installé et on observe les permiers édits d'interdiction du paganisme (interdiction des sacrifices nocturnes, fermeture des temples, interdit d'adorer des statues, autel de la victoire retiré au sénat à Rome).



- La première réaction païenne.  La Gaulle est attaquée par les germains et Julien est envoyé à la rescousce. Face à son succès militaire, il est proclamé Empereur par les troupes et Julien apostasie la religion chrétienne dans laquelle il était né. Il écrit que le christianisme "n’est qu’une fourberie purement humaine, et malicieusement inventée, qui, n’ayant rien de divin, est pourtant venue à bout de séduire les esprits faibles, et d’abuser de l’affection que les hommes ont pour les fables, en donnant une couleur de vérité et de persuasion à des fictions prodigieuses" (Contre les galiléens). (Julien est cependant un néoplatonicien superstitieux, ce qui reste de plus éclairé comme philosophe à cette époque).
Gibbon raconte que "La vénérable antiquité de la Grèce aspirait à Julien une tendresse respectueuse qui éclatait en transports, au souvenir des dieux, des héros et des hommes supérieur aux héros et au dieux qui avaient légué à la dernière postérité les monuments de leur génie ou l'exemple de leurs vertus" (chap XXII, p630).

     Julien voit une menace dans le christianisme et prend des mesures drastiques pour revenir au paganisme (les chrétiens sont ruinés par la condamnation à réparer les temples qu'ils ont détruits), mais Julien meurt accidentellement en 363. Sur son lit de mort, Julien rendit l'âme en véritable païen "la nature me redemande ce qu'elle m'a prêté ; je lui rends avec la joie d'un débiteur qui s'acquitte et non point avec la douleur ou les remords que la plupart des hommes croient inséparables de l'état où je suis" (chap XXIV, p690). Selon ses contemporains, s'il avait vécu plus longtemps, il serait vraisemblablement parvenu à "éteindre la religion de Jésus-Christ" (Gibbon, chap XXIII, p 665).

   En négligeant d'assurer par le choix prudent et judicieux d'un collègue et d'un successeur, l'exécution future de ses projets (la restauration du paganisme) Julien fut en quelque sorte la cause du triomphe du christianisme et des calamités de l'Empire" (Gibbon, chap XXIV, p691).


- L'alliance des romains chrétiens avec les barbares chrétiens. L'empereur chrétien Valens autorise pour la première fois des barbares Wizigoths armés à vivre au sein de l'empire romain confiant dans le fait qu'ils étaient déjà chrétiens ou qu'ils promettaient de se convertir à l'arianisme (Socrates scholasticus, Church History, book 4, chapter 33).
Avec l'appui de Valens, Fritigern goth converti au christianisme arien défait le roi goth Athanaric II qui avait lancé une très dure campagne de persécution des Goths chrétiens. Il craignait que le christianisme ne détruise l'ordre social des Goths encore païens.
Gibbon, chap XXXVII.
     Mais les goths chrétiens dans l'empire s'avèrent rapidement incontrolables. 
Après la terrible défaite d'Andrinople de 378 contre ces barbares devenus incontrolables, au lieu de s'occuper de ce problème Wizigoth, l'empereur romain chrétien Théodose décide au contraire de s'allier à ces barbares chrétiens pour en faire des mercenaires utile pour matter les païens qui s'opposent à sa politique de christianisation de l'empire, et ce sont enfin ces barbares chrétiens enrollés (certes maltraités par Théodose et son fils Honorius) qui mettront Rome à sac en 410.



- La radicalisation chrétienne. Vers 380-390, les chrétiens nicéens prennent le pouvoir total. Théodose édicte des décrets qui interdisent la pratique du paganisme, amorçant la crise terminale de l'empire romain. Même sous la plume d'un historien chrétien, comme Henri-Irénée Marrou, on peut lire que l'état chrétien de cette époque était un "état totalitaire" (Michel Onfray. Christianisme religion d'état et code théodosien).


- L'affrontement final païen-chrétien. En 394, les païens encore majoritaires à Rome conduit par Arbogaste (Franç païen fidèle à Wotan) s'allient à Eugène (Flavius Eugenius Augustus) accusé d'apostasie par le clergé, contre Théodose et les fanatiques chrétiens qui ont pris le pouvoir à Constantinople. L'autel de la victoire est rétabli à Rome. Arbogast et Nicomaque font voeu de changer à leur retour l'église de Milan en écurie et de forcer tous les moines à servir dans l'armée, si les dieux lui accordaient la victoire.
La ligne de fracture n'est plus romains contre barabres, mais elle est religieuse. On a d'un côté les paiens (romains et barbares principalement francs) contre chrétiens (romains+ barbares principalement wizigoths).


     Dans un premier temps, la bataille tourne à l'avantage des païens menés par Eugène-Arbogast dont les troupes mettent en avant des statues païennes pour humilier l'empereur chrétien Théodose. ("déployer dans ses armées contre l’invincible étendard de la croix les symboles idolâtres de Jupiter et d’Hercule " Gibbon, XXVIII).

    " Tandis que les troupes d’Eugène célébraient leur triomphe dans son camp par les orgies d’une joie insolente, le vigilant Arbogaste fit occuper les passages des montagnes par un corps nombreux, pour couper l’arrière-garde des ennemis, et Théodose aperçut au point du jour tout l’excès du danger de sa situation. Mais les chefs de ce corps firent bientôt cesser les craintes de l’empereur, en lui envoyant offrir de passer sous ses drapeaux. Théodose accorda sans hésiter toutes les récompenses honorables et lucratives qu’ils exigeaient pour prix de leur perfidie ; et au défaut d’encre et de papier, qu’il n’était pas facile de se procurer, il écrivit sur ses propres tablettes la ratification du traité. L’armée de Théodose était garantie, par sa position, de l’impétuosité du vent, qui soufflait un nuage de poussière dans le visage de l’ennemi, rompait ses rangs, arrachait les épées des mains des soldats, et repoussait contre eux leurs inutiles javelots." (Gibbon, XXVII)

   

    Le camps païen est affaiblit par la défection et trahison du general Arbitrius, chargé par Arbogast de couper la retraite à l'ennemi avec un corps d'armée de 20 000 hommes. De plus, le second jour, le sens du vent  favorise les archés de Théodose et le camps d'Eugène-Arbogast perd de justesse cette bataille (bataille du Frigidus). La civilisation gréco-romaine est perdue. Si une civilisation, c'est ce qui s'agrège autour d'une religion, alors la civilisation gréco-romaine meurt et même tout l'antiquité meurt ici en 394, dernier sursaut du paganisme. Arbogaste et Virius Nicomachus Flavianus se suicident. Eugène est exécuté. Théodose entre à Rome.

    " Convaincu qu’il n’avait plus de ressource, et que sa fuite était impossible, l’intrépide Barbare imita l’exemple des anciens Romains, et se perça de sa propre épée. Le sort du monde romain se décida dans un coin de l’Italie." Gibbon, XXVII




le tournant du Ve siècle
la chute de Rome, de l'Occident, et de la civilisation gréco-romaine


- L'affaiblissement de l'Occident.
La défaite d'Eugène a des conséquences politiques et sécuritaires désastreuses pour la partie occidentale. Elle provoque l'effondrement militaire de l'Occident à cause d'une perte de soutien des grandes familles païennes occidentales vis à vis du pouvoir impérial qui les persécute et a interdit leur religion. Dans le même temps le pouvoir chrétien investit ses resosurces dans les églises et les monastères et néglige l'armée, seulement déléguée à des barbares mercenaires (changement culturel causé par le changement de religion).


    Alors qu'Auguste contait 240 000 soldats, les antonins 300 000 et qu'acec la remilitarisation sous Dioclétien on atteint près de 640 000 hommes sous Diocéltien donc juste-avant Constantin, on assisste à un effondremetn militaire sous les empererus chrétiens. Déjà sous le fils de Constatin, la Gaulle est déjà en train de s'effondrer mais Julien rétablit la situation. "les victoires de Julien suspendirent un peu les invasions des Barbares, et retardèrent la chute de l’empire d’Occident." Gibbon, Chap XIX.

    L'armée romaien est toujours la machine de guerre implaquable face au barabr qui a permsi à Rome de dominer un territoire si vaste avec une armée réduite. A la bataille de Strasbourg (Argentoratum) en 357 (50 ans avec le sac de Rome), on comte seulement 243 soldats et 4 tribuns militaires romains tués. Alors que du côté alaman, d’après Ammianus Marcellinus, 6000 guerriers tués.
    Si Julien n'était pas intervenu, l'empire romain se serait certainement effondré plus tôt en Occident. Mais la décadence militaire reprend après lui, et après le Frigidus (80 000 hommes - toutes l'armée romaine de l'époque + auxilliares), les effectifs s'effondrent et on peinera à réunir 30 000 hommes (soldats mals recrutés équipés formés).

 

- Alaric un romain ?  Les barbares voient la faiblesse romaine et profitent de la situation. Affirmer que la vision classique de la chute de Rome par les barbares recouvrent en fait une réalité plus complexe car Alaric le chef des goths était un général romain est vraiment un travestissement de l'histoire par les modernes épris de relativisme culturel. Alaric "avait sollicité le commandement des armées romaines ; irrité du refus de la cour impériale" et c'est après seulement qu'il s'en va ravagé la Grêce. En 395 la destruction de l'empire par les barbares commencent de l'intérieur: "Les plaines fertiles de la Phocide et de la Béotie furent bientôt couvertes d’une multitude de Barbares qui massacraient tous les hommes d’âge à porter les armes, et entraînaient avec eux les femmes, les troupeaux et le butin enlevé aux villages qu’ils incendiaient. Les voyageurs qui visitèrent la Grèce plusieurs années après, distinguèrent encore les traces durables et sanglantes de la marche des Goths". Et ce n'est qu'après sa victorie sur Sparte et Athènes qu'"un édit publié à Constantinople déclara la promotion d’Alaric au rang de maître général de l’Illyrie orientale. Les habitans des provinces romaines, et les alliés qui avaient respecté la foi des traités, virent avec une juste indignation récompenser si libéralement le destructeur de la Grèce et de l’Épire. Le Barbare victorieux fut reçu en qualité de magistrat légitime dans les villes qu’il assiégeait si peu de temps auparavant. Les pères dont il avait massacré les fils, les maris dont il avait violé les femmes, furent soumis à son autorité, et le succès de sa révolte encouragea l’ambition de tous les chefs des étrangers mercenaires. [...Alaric donna] l’ordre de fournir à ses troupes une provision extraordinaire de boucliers, de casques, de lances et d’épées. Les infortunés habitans de la province furent contraints de forger les instrumens de leur propre destruction, et les Barbares virent disparaître l’obstacle qui avait quelquefois rendu inutiles les efforts de leur courage" Gibbon, chap XXX
Le pouvoir faible n'ayant pas le moyen de le contrôler il prend acte et légitime à posterior la situation pour essayer de le calmer et sauver les apparences. Cette mauvaise politique se poursuit avec le paiement d'or aux barbares. (Thédosoe ne prevoirt pas de ravitalliment pour les goths au frigidus et Honorius leur temps un guetappenet en 409, donc il y a volonté de les éliminer. la politique de théodise est de réduirte les barabres chrétiens en les utilisant contre les païens romains).

Idem pour Attila: "tribut dont il déguisa la honte en donnant le titre de général romain au roi des Huns" Gibbon, XXXIV.


- En 406 l'Ostrogoth Radagaise attaque l'Italie et la dissention religieuse provoque des vélléités de changement de camps. Un grand nombre de villes d'italie du Nord sont détuites ou pillées par l'Ostrogoth Radagaise qui fait le siège de Florence en 406. La chute de Rome approche. "Les adorateurs de Jupiter et de Mars, opprimés par leurs concitoyens, respectaient dans l’implacable ennemi de Rome (Radagaise), le caractère d’un païen zélé ; ils déclaraient hautement que les sacrifices de Radagaise leur paraissaient beaucoup plus à craindre que ses armes, et ils se réjouissaient secrètement d’une calamité qui devait convaincre de fausseté la religion des chrétiens." Gibbon, XXX.
    
« Comment résisterions-nous à un ennemi qui sacrifie, nous qu’on empêche de sacrifier? » s’écriaient les païens avec rage, et alors éclataient les imprécations, les blasphèmes, les menaces contre la religion du Christ et contre les lois des successeurs de Constantin. »
Amédée Thierry. Revue des deux mondes. Trois Ministres de l’empire romain sous les fils de Théodose.


    Mais
, Radagaise est tué par Stilicon. Les paiens n'auront personne à qui se rallier car ce seront des barbares chrétiens (les wizigoths) qui vont ré-attaquer juste après.


Pas d'honneur militaire.  "quand cette grande menace se fut dissipée comme un rêve, les chrétiens revendiquèrent l'honneur d'une victoire dont le profit était à eux. [...] Dans ce système , la gloire et les services de Stilicon devenaient un embarras : on les atténua, on les effaça, on les nia . [...]Des versions combinées dans cette intention , et que nous pouvons lire encore , présentèrent ce général et l'armée romaine comme de simples spectateurs de la victoire, qui n'avaient pas tiré l'épée, pas eu un seul mort, pas un blessé ; mais qui buvaient, mangeaient et se divertissaient ( tels sont les termes du récit d'Orose) pendant que le ciel se chargeait de tout faire. Malheur à qui fùt venu réclamer sa part de gloire contre Dieu !"
Amédée Thierry. Revue des deux mondes. Trois Ministres de l’empire romain sous les fils de Théodose.
->Saint-paul que personne ne se glorifie vs
Spinoza gloire (TP).


- Le constat de l'effondrement militaire. "Toutes les espérances du vigilant ministre d’Honorius (de Stilicon) se bornèrent à la défense de l’Italie. Il abandonna une seconde fois les provinces, rappela les troupes, pressa les nouvelles levées exigées à la rigueur et éludées avec pusillanimité, employa les moyens les plus efficaces pour arrêter ou ramener les déserteurs, et offrit la liberté et deux pièces d’or à chaque esclave qui consentait à s’enrôler. Ce fut à l’aide de ces ressources que Stilichon parvint à rassembler avec peine, parmi les sujets d’un grand empire, une armée de trente ou quarante mille hommes, que, dans le temps de Scipion ou de Camille, eussent fournie sur-le-champ les citoyens libres du territoire de Rome." Gibbon, Chap XXX.

- Le passage du Rhin. Le rapatriement en Italie de toute l'armée facilite le passage du Rhin par les barbares (nuit du 31 décembre 406) qui ravagent l'Occident, seulement donc 10 ans après la victoire finale du christianisme sur le paganisme.  A partir de 407, on assiste à un effondrement brutal de l'occident d'abord en Gaulle et en Bretagne: des villes entières disparaissent. C'est la pire invasion depuis des siècles.


- Pacificime du déshonneur. Stilicon et Constantiople réclament une paix forcée. Pour le sénat de Rome "il était indigne de la majesté de Rome d’acheter une trêve honteuse d’un roi barbare, et qu’un peuple magnanime devait toujours préférer le hasard de sa destruction à la certitude du déshonneur." Gibbon, XXX (cf Churchill). Mais l'empereur chrétien Honorius impose au sénat le paiement d'un tribu aux barbares pour essayer de les calmer mais qui ne respecteront évidemment pas. Pas possible de contractualiser avec un barbare, ce qui est la définition du barbare (= un sauvage).
    Une illustration de la perte totale du caractère romain par les empereurs chrétiens. Gibbon fait le parallèle avec la résistance héroïque de Rome contre Hannibal, et nous avec Churchill, lors "les heures sombres" (juin 1940). Gibbon avait écrit pour former les politiques. Rome que l'on croyait devoir être un empire éternelle est pourtant rapidement tombée et tout chef d'état doit connaitre les erreurs commises pour ne pas refaire les mêmes. Peut-être a-t-il influencé Churchill et indirectement sauver l'Europe du nazisme...


La modération religieuse de Stilicon énerve le clergé.  Depuis le Frigidus, Stilicon applique une politique de barabrisation de l'amrée mais aussi d'apisement envers les païens à Rome. Il fait, par exemple, protéger les temples païens, avec pour argument la volonté ne pas dénaturer les cités romaines. Il s'entoure, de plus, de païens notoires, tels son panégyriste, Claudien, et traite avec déférence le Sénat de Rome, où les anciens cultes sont encore très pratiqués. Tout cela attise la haine du clergé.

    « Il se forma un parti qui soutint l'égalité des Barbares contre les exclusions du parti national. Ce parti de l'égalité des Barbares fédérés vis -à-vis des Romains, du moins quant aux dignités de l'état, se liait plus qu'on ne le supposerait au premier coup d‘oeil aux partis religieux."  "On voit comment purent se rencontrer par la communauté du but le parti national et le parti de l'unité catholique; comment, d'autre part , les religions dissidentes furent amenées à s'entendre avec les Barbares" "Stilicon [...] se trouvât le chef naturel des deux partis, de l'égalité des Barbares et de l'égalité des religions" [...] "les deux accusations (pro-bartabre pro-païen) cheminèrent ensemble, alarmant d'un côté les amis de la maison de Théodose, de l'autre les partisans de l'unité catholique. Elles circulèrent d'un bout à l'autre de l'empire sous le patronage de noms vénérés, de grands évèques et de grands docteurs, que l'ardeur même de leur foi et le désir d'en écarter les périls portaient à croire beaucoup sur le compte de leurs adversaires. Les évêques qui, à l'exemple d'Ambroise, s'étaient d'abord rapprochés de Stilicon, s'en éloignèrent. Il se forma à la cour de Ravenne un gouvernement occulte " mais finalement la cause religieuse l'importe sur la cause nationale et on accepte les barabres chrétiens pour punir les païens "Alaric, quoique arien, était un chrétien fidèle et pieux qui ne voulait point combattre le jour de Pâques, tandis que l’impie Stilicon violait de gaîté de cœur la sainteté de cette fête".

Amédée Thierry. Revue des deux mondes. Trois Ministres de l’empire romain sous les fils de Théodose.


- L'assassinat du généralisime Stilicon en 408. Alors que la Gaulle est à feu et à sang, et que la situation est critique, Le gouvernement chrétien redoute que cette crise favorise un général qui aurait pu remettre de l'ordre comme Julien et Arbogaste et lui prendre son pouvoir (mais aussi s'en prendre au christianisme), et donc décide de neutraliser l'armée et d'acheter les barbares facilement christianisables. L'affrontement religieux est une cause majeure derrière cette politique. De peur de la renommée grandissante du général Stillicon qui vient de sauver Florence (et Rome), le gouvernement chrétien préfère faire assasiner préventivement le dernier grand général qui lui reste plutot que d'affronter une nouvelle réaction païenne. (Idem le pouvoir de Constantinople combat d'abord l'usurpateur de Bretagne au lieu de se battre contre les barbares.)

     "Le clergé, en célébrant dévotement le jour heureux (de la mort de Stilicon) qui en avait délivré presque miraculeusement l’Église, assura que si Euchérius (le fil de Stilicon) eût régné, le premier acte de sa puissance aurait été de rétablir le culte des idoles et de renouveler les persécutions contre les chrétiens." Gibbon, XXX 
      Le ministre Olympius dit à l'empereur Honorius que
l' « inaction présente (de Stillicon) cachait des desseins encore plus criminels; qu'il méditait sur les moyens de s'emparer de l'empire d'Occident, et qu'il était sans doute disposé à préférer un trône dont il se voyait si proche, à une conquête éloignée : que son fils avait déjà un parti puissant; qui le désiraient pour maître, dans l'espérance qu'il releverait l'idôlatrie ; que le père , chrétien en apparence, avait élevé son fils dans le paganisme, afin de réunir ainsi les deux grands partis qui divisaient tout l'empire »
Charles Le Beau. Histoire du Bas-Empire en commençant à Constantin le Grand

    " dans l’opinion des chrétiens l’éducation d’Euchérius se trouvait entachée de paganisme. Un maître de rhétorique, de philosophie, de poésie, interprète de systèmes ou d’ouvrages littéraires fondés sur le polythéisme, était assez naturellement soupçonné d’être lui-même païen, pour peu qu’il admirât ses modèles : or du maître à l’élève il n’y avait qu’un pas, et la présence assidue de Claudien dans la famille de Sérène donnait assez naturellement couleur aux suppositions. Sans s’arrêter à rien éclaircir, les partis décidèrent qu’Euchérius était païen. On alla jusqu’à citer de lui des propos menaçant contre le christianisme. Nouveau Julien, disait-on, il avait promis aux hiérophantes et aux sophistes, ses maîtres, d’inaugurer son principat par le rétablissement des temples et le renversement des églises"
Amédée Thierry. Revue des deux mondes. Trois Ministres de l’empire romain sous les fils de Théodose.

- La cour de Constantinople choisi de sacrifier Rome et l'Empire pour imposer le christianisme nicéen à tout prix. Une fois débarassés de Stilicon, en 408, le parti de l'unité catholique obtient l'interdition aux païens de servir l'état, "Par cet édit, (l'empereur) Honorius écartait de tous les emplois de l’état tous ceux dont la croyance était en opposition avec la foi de l’Église catholique, rejetait absolument les services de tous ceux dont les sentimens religieux ne s’accordaient pas avec les siens, et se privait ainsi d’un grand nombre de ses meilleurs et de ses plus braves officiers, attachés au culte des païens ou aux erreurs de l’arianisme. Alaric aurait approuvé et conseillé peut-être des dispositions si favorables aux ennemis de l’empire [...] Par cette conduite inconcevable, les ministres d’Honorius perdirent non-seulement trente mille des plus braves soldats de leur armée, mais en firent leurs ennemis ; et le poids que devait mettre dans la balance ce corps formidable, capable à lui seul de déterminer l’événement de la guerre, passa du parti des Romains dans celui des Goths." Gibbon, XXXI.

   

    « Bien que ce Généride fût un étranger, il ne laissait pas d’être un modèle accompli de vertu, et d’être tout-à-fait supérieur à l’avarice. Il était demeuré étroitement attaché à la religion de ses pères. Lorsqu’on publia une loi par laquelle il était défendu à ceux qui n’étaient pas chrétiens de porter la ceinture, il mit bas la sienne, et demeura dans sa maison. L’empereur lui ayant depuis commandé de venir au palais en son rang avec les autres officiers, il répondit qu’il y avait une loi qui lui défendait de se tenir au rang des officiers et de porter la ceinture. L’empereur lui ayant répondu que la loi était faite pour les autres, et non pour lui qui s’était exposé à tant de hasards pour le bien de l’état, il persista à refuser un honneur qu’il ne pouvait accepter sans faire injure aux autres, jusqu’à ce que l’empereur, pressé par la honte et par la nécessité, abolit entièrement la loi, et permit d’exercer les charges à ceux qui ne voulaient point changer de religion. »
Zosime

   

- La sac de Rome. Aprèsa voir touché leur rançon, les Wizigoths chrétiens mettent finalement Rome à sac en 410. Les contemporains sont fortement frappés par l'événement, en demandèrent l'explication et accusèrent le christianisme. L'illustre Saint Augustin la donna : Alaric n'était entré à Rome que pour faire la guerre aux idoles; c'était l'instrument avec lequel Dieu châtiait les païens; quant aux chrétiens qui avaient souffert, c'est Dieu qui l'avait ainsi voulu!


- La priorité du gouvenement chrétien n'a pas été de combattre les envahisseurs barbares mais de détruire la paganisme
Comment expliquer une politique si absurde ? L'accusation de complicité délibéré de Constantiople dans la chute de Rome pour punir les païens n'est pas soutenue par Gibbon, mais il ne l'exclue pas non plus, il noud dit prudemment "la cour de Constantinople vit avec indifférence, peut-être même avec satisfaction, l’humiliation de Rome, les malheurs de l’Italie et la perte de l’Occident." conclusion.
    Donc cette politique absurde du poitn de vue n'est pas si absurde du point de vue du chrétien militant.  Peut importe la cité terreste, ce qui compte c'est la christiniation  des âmes et il vaut mieux un barabre chrétien qu'un paeïn même romain. Augustin lui nous dit que le sac de Rome c'était la volonté de Dieu pour punir les paeïns (= la politique depuis Théodose: utiliser les barbares chrétiens contre les romains païens).




La chute de Rome causée par le christianisme ?


    Certains païens supertitieux ont vu dans la chute de Rome la vengeance des dieux abandonné en faveur du christianisme. Ce n'est évidement pas cette explication que nous defondons nous ici.
Le théologien dominicain Phillipe Hellen, spécialiste des pères de l'église et des invasions barbares, connait très bien l'accusation très grave portée par les païens contre les chrétiens qui accusaient le christianisme d'avoir démoli les racines de l'état et conduit à l'effondrement de l'Empire Romain.


    C'était la conclusion d'Edward Gibbon (XVIIIe), historien et auteur du plus célébre ouvrage sur la chute de l'empire Romain: « La conversion de Constantin précipita la chute de l'empire [...] les institutions partiales de Constantin anéantirent [le gouvernement militaire] et le monde romain devient la proie d'une multitude de Barbares » Gibbon conclusion p1157 et 1156. (Bruno Dumézil sur Gibbon)

    Gibbon s'excuse de devoir donner sa conclusion (les réactions à son époque étaient hostiles): "Comme le principal objet de la religion est le bonheur d’une vie future, on peut remarquer sans surprise et sans scandale que l’introduction, ou au moins l’abus du christianisme, eut quelque influence sur le déclin et sur la chute de l’empire des Romains.


   La guerre civile entre sectes chrétiennes (et entre paeïens - chrétiens): "La foi, le zèle, la curiosité et les passions plus mondaines de l’ambition et de l’envie, enflammaient les discordes théologiques. L’Église et l’État furent déchirés par des factions religieuses, dont les querelles étaient quelquefois sanglantes et toujours implacables. L’attention des empereurs abandonna les camps pour s’occuper des synodes ; une nouvelle espèce de tyrannie opprima le monde romain, et les sectes persécutées devinrent en secret ennemies de leur patrie." Gibbon, conclusion.
    "L’abus du christianisme fit naître dans l’Empire romain de nouveaux sujets de tyrannie et de sédition. Les violences des factions religieuses rompirent tous les liens de la société civile ; et le citoyen obscur qui pouvait regarder avec indifférence la chute ou l’élévation des empereurs, imaginait et éprouvait que sa vie et sa fortune se trouvaient liées avec les intérêts du chef ecclésiastique qu’il avait choisi." "les querelles théologiques affligèrent l’empire" "un évêque arien pouvait satisfaire impunément les ressentimens envenimés de sa haine théologique" "Le simple récit des divisions intestines qui troublèrent la paix de l’Église et déshonorèrent son triomphe, confirmera la remarque d’un historien païen, et justifiera les plaintes d’un respectable évêque. L’expérience avait convaincu Ammien que les chrétiens, dans leurs mutuelles animosités, surpassaient en fureur les bêtes féroces que doit le plus redouter l’homme" Gibbon Chap XXI

   "les donatistes regardèrent Genseric chrétien (Vandale qui envahit l'afrique), mais opposé à la foi orthodoxe, comme un libérateur [...]. Le zèle actif ou l’appui d’une faction locale facilita la conquête de l’Afrique [...] les calamités de la guerre étaient augmentées par la férocité des Maures et par le fanatisme des donatistes." Gibbon XXIII.


   L'accaparement des ressources de l'état (hommes + finances) par l'église au détriement de l'armée. "Le clergé prêchait avec succès la doctrine de la patience et de la pusillanimité. Les vertus actives qui soutiennent la société étaient découragées, et les derniers débris de l’esprit militaire s’ensevelissaient dans les cloîtres. On consacrait sans scrupule aux usages de la charité ou de la dévotion, une grande partie des richesses du public et des particuliers ; et la paye des soldats était prodiguée à une multitude oisive des deux sexes, qui n’avait d’autres vertus que celles de l’abstinence et de la chasteté."  Gibbon, conclusion. (Voir la réaction de l'emperure Majorien qui limite  457-461)

    "les monastères étaient remplis d’une foule de plébéiens obscurs et de la plus basse classe, qui trouvaient dans le cloître beaucoup plus qu’ils n’avaient sacrifié en se séparant du monde. Des paysans, des esclaves et des artisans trouvaient facile d’échapper à la pauvreté et au mépris en se réfugiant dans une profession tranquille et respectée, dont les peines apparentes étaient adoucies par l’habitude, par les applaudissemens publics et par le relâchement secret de la discipline. Les sujets de Rome qui voyaient leur personne et leurs biens exposés à répondre du payement d’une taxe exorbitante et inégalement répartie, échappaient dans les cloîtres à la tyrannie du gouvernement, et une partie des jeunes hommes préférait les rigueurs de la vie monastique aux dangers du service militaire. Les différentes classes des timides habitans des provinces qui fuyaient à la vue des Barbares, y trouvaient une retraite et une subsistance ; des légions entières s’enterraient dans ces religieux asiles, et la même cause qui adoucissait le sort des particuliers, détruisait peu à peu les forces et les ressources de l’empire." Gibbon, XXXVII.

    « plusieurs de leurs prosélytes avaient vendu leurs terres et leurs maisons pour augmenter les fonds publics de la société, aux dépens, à la vérité, de leurs malheureux enfants, qui se trouvaient réduits à la mendicité, parce que leurs pères avaient été des saints. » Gibbon XV. (appauvrissement de l'état et enrichissement de l'église).

    L'influence pernitieuse de l'église et le coût de cette institution improductive pour les finances de l'empire romain fut également soulignée comme une cause d'affaiblisement par le célèbre historien Arnold Hugh Martin (A. H. M.) Jones en 1964.



L'effondrement des effectifs militaires (et de la qualité des soldats) a des causes multiples mais le christianisme a joué un role majeur dans cette démobilisation:
   1) Division de la société à cause de la guerre civile paeïen-chrétien et chrétien-chrétien, liée à la volonté fanatique d'imposer le chrsitionaime de force à une population qui n'en veut pas: pertes militaires (La bataile du Frigidus) + défections/démobilisations volontaire ou forcée.
        - Attaque de Mithra: la religion de l'armée: celle des soldats et des sénateurs-généraux. Les soldats veulent-ils toujours se battrent pour un empereur qui persécute leur religion ? (Voir Zosime).
      - Purge des généraux paeïns exécutés par des intrigues de palais (Frattiva ou païens tolérants: stilicon). Lois d'interdiction d'exercer des paeins dans l'armée. Politique pour empecher un nouveau Julien.
    2) Transformation pschychologique/morale/culturelle. (Autel de la victoire - pas de célébration/glorification des victoires de Sticlicon mai). (saint paul que personne ne se glorifie - contre Spinoza. Autel victoire). Abandon de l'armure et de la discipline et de la morale héroïque (Gibbon, fin du Chap XXXVII citant Végèce). Désintérêt impérial pour les affaires militaires. On préfère désormais payer ses enemis ou des mercenaires barbares (déshonneur). Exonération des moines et du clergé de servir dans l'armée (dénoncé par Arbogast, Zosime, Majorien...) qui appauvrissent et aggravent la crise economique + natalité+recutement militaire.



    Effectivement, le christianisme m'apparait comme la cause principale de la disparition de l'empire romain. Le christianisme a agit:

    1/ au niveau militaire au tournant du Ve siècle, en ayant désorganisé la société romaine dans la querelle chrétiens/chrétiens et païens/chrétiens puis en favorisant l'alliance des romains chrétiens avec les barbares chrétiens contre les romains et barbares païens.
      2/ au niveau culturel sur le long terme, en supprimant la rationalité héroïque (grec) et le sens civique (romain) qui avaient permis le succès extraordinaire de la civilisation gréco-romaine.



   Décadence morale. "L'habitude de l'obéissance et de la crédulité détruisait la liberté de l'âme, source de tous les sentiments raisonnables ou généreux" (Gibbon XXXVII. cf Spinoza). [Constantin] « Plus il s'instruisait dans la connaissance des saintes vérités, moins il pratiquait les vertus qu'elles recommandent, et dans la même année on le vit assembler le concile de Nicée et ordonner le supplice ou plutôt le meurtre de son fils (...) L'exemple et la réputation de Constantin semblèrent autoriser l'usage de retarder la cérémonie du baptême. Les tyrans qui vinrent après lui s'accoutumèrent à penser que le sang des innocents qu'ils auraient versé durant un long règne serait lavé en un instant par les saintes eaux de la régénération : ainsi l'abus de la religion sapait dangereusement les fondements de la morale. » (Gibbon cf Voltaire)

   

    - Sur le long terme, la christianisation des esprits empêche tout rebond. La culture judéo-chrétienne transforma les hommes. "La crédulité [des moines] dégradait les facultés de leur esprit ; ils falsifiaient le témoignage de l’histoire, et les erreurs de la superstition éteignaient peu à peu les dangereuses lumières de la science et de la philosophie. La révélation divine vint à l’appui de tous les cultes religieux pratiqués par les saints, de toutes les doctrines mystérieuses qu’ils avaient adoptées, et le règne avilissant des moines acheva d’étouffer toute vertu noble et courageuse. S’il était possible de mesurer l’intervalle entre les écrits philosophiques de Cicéron et la légende de Théodoret, entre le caractère de Caton et celui de saint Siméon Stylite, nous apprécierions peut-être la révolution qu’éprouva l’Empire romain dans une période de cinq cents ans." Gibbon p1093.


      En 1790, le révolutionnaire Louis Saint-Just poursuivait : « Les ravages de l'ignorance, après le Bas-Empire, furent incroyables ; on en doit accuser la tyrannie des moines, et leur vie stupide ; cette institution venue de l'épouvante des dogmes ébranla toutes les lois, et créa des vertus stoïques inutiles au monde [.] Le fanatisme est né de la domination des prêtres européens  » L’esprit de la révolution et de la constitution de la France.


    Pour Voltaire, c'est "cette religion qui a détruit l’empire romain" (Le Dîner du comte de Boulainvilliers). "L’empire romain avait alors plus de moines que de soldats" "Le christianisme ouvrait le ciel, mais il perdait l’empire : car non seulement les sectes nées dans son sein se combattaient avec le délire des querelles théologiques, mais toutes combattaient encore l’ancienne religion de l’empire ; religion fausse, religion ridicule sans doute, mais sous laquelle Rome avait marché de victoire en victoire pendant dix siècles" "des déluges de barbares inondèrent de tous côtés [...]. Que faisaient cependant les empereurs ? ils assemblaient des conciles."
Voltaire, Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, Chap XI


    Pour Nieztsche, l'inversion des valeurs par le christianisme fut la véritable cause de la chute Rome: "Le christianisme a été le plus grand malheur que l’humanité ait connue jusqu’à présent" (l’Antéchrist, 51) "C’est cela qui se rendit maître de Rome. La même espèce de religion dont Epicure avait déjà violement combattu les formes embryonnaires. Il faut lire Lucrèce pour comprendre ce que combattait Epicure, c'est-à-dire non pas le paganisme, mais le christianisme… et Epicure aurait vaincu car dans l’empire romain tout esprit respectable était épicurien." (l’Antéchrist, 58. Note: Selon Gibbon, au IIe siècle, "Les plus riches habitants de l'Italie avaient presque tous embrassés la philosophie d'Épicure" (Chap III p44)). "Tout le travail du monde antique… en pure perte ! Je ne trouve pas de mots pour exprimer le sentiment que m’inspire cette monstruosité " "A quoi bon les Grecs, à quoi bon les Romains? — Toutes les conditions premières pour une civilisation savante, toutes les méthodes scientifiques étaient déjà là, on avait déjà fixé les règles du grand art, l'incomparable art de bien lire, — cette condition nécessaire pour la tradition de la civilisation, pour l'unité des sciences ; les sciences naturelles liées aux mathématiques et à la mécanique se trouvaient sur le meilleur chemin, ! [...] Ce qu'aujourd'hui nous avons regagné avec une indicible victoire sur nous-mêmes — car nous avons tous encore dans le corps les mauvais instincts, les instincts chrétiens — le regard libre devant la réalité, la main circonspecte, la patience et le sérieux dans les plus petites choses, toute la probité dans la recherche de la connaissance — tout cela existait déjà il y a plus de deux mille ans. Et plus encore, le bon goût, le tact fin et sûr! Non point comme un « dressage » du cerveau, non point comme la culture « allemande », avec des manières de lourdaud! Mais comme corps, comme geste, comme instinct - comme réalité en un mot. . . Tout cela en vain! Plus qu'un souvenir du jour au lendemain! — Grecs! Romains! La noblesse de l’instinct, le goût, la recherche méthodique, le génie de l’organisation et de l’administration, la foi, la volonté d’un avenir humain, le grand « oui » à tout, tout cela visible et perceptible à tous les sens, le grand style, non plus seulement en art, mais devenu réalité, vérité, vie… Et cela, non pas réduit en cendres, instantanément, par un cataclysme naturel! Non pas foulé aux pieds par des Germains et d’autres pédestres balourds! Mais mis à mal par de rusés, de furtifs, d’invisibles et d’anémiques vampires! Non pas vaincu — seulement vidé de son sang!… Maîtres de la place, le désir rentré de vengeance, la mesquine envie!… Voir d’un seul coup tout ce qui est piteux, mal dans sa peau, hanté-de-mauvaises-pensées, bref tout le ghetto de l’âme, prendre le dessus!" Nietzsche, l’Antéchrist, 59.


Plus étonnant, même Ernest Renan semble le reconnaître lui aussi (et valident malgré lui les accsautions de Celse contre les chrétiens):

    "Ce n'est pas sans raison qu'on les détestait [...] Ils démolissaient vraiment l'Empire romain. Ils buvaient sa force. Ils enlevaient à ses fonctions, à l'armée surtout, les sujets d'élite. [...] L'Empire romain sentait au fond que cette république secrète le tuerait" Chap XXIII

    " Les chrétiens désiraient, au fond, que tout allât pour le plus mal. Loin de faire cause commune avec les bons citoyens et de chercher à conjurer les dangers de la patrie, les chrétiens en triomphaient. Les montanistes, la Phrygie tout entière, allaient jusqu’à la folie dans leurs haineuses prophéties contre l’empire. On pouvait se croire revenu aux temps de la grande Apocalypse de 69. Ces sortes de prophéties étaient un crime prévu par la loi; la société romaine sentait instinctivement qu’elle s’affaiblissait ; elle n’entrevoyait que vaguement les causes de cet affaiblissement ; elle s’en prenait, non sans quelque raison, au christianisme." chap IV
    "Montanus, comme tous les prophètes de l’alliance nouvelle, était plein de malédictions contre le siècle et contre l’empire romain. Même le voyant de 69 était dépassé. Jamais la haine du monde et le désir de voir s’anéantir la société païenne n’avaient été exprimés avec une aussi naïve furie."
chap XIII

Ernest Renan, Marc-aurèle ou la fin du monde antique



le discours de Maurice Allard à l'assemblée nationale en 1905 (extrait du film "la séparation").


 

Le cas de l'empire d'Orient. Contre cette thèse, le principal argument est la survie de l'empire d'Orient, mais en fait celui-ci frôle de très près plusieurs fois la destruction (par les Goths, puis par les Arabes) et est incapable d'empêcher le pillage d'Athènes et de la Grêce, même s'il survit pour diverses raisons circonstancielles (fortifications de Constantinople, avantages géographiques face aux invasions du Ve siècle, rapratriement de l'or à Constantinople, récupération des talents d'Occident qui s'effondre en premier, pression barbare Ostrogoth détournée vers l'Italie à conquérir...).  Pour Gibbon il "subsista mille cinquante-huit ans dans un état de décadence perpétuelle" (Gibbon XXXII). Après quelques tentatives éphémères de reconquête de l'Occident dévasté, l'empire de l'est se réduira à la ville de Constantinople et ses alentours. Enfin, la culture gréco-romaine décline elle-aussi rapidement dans empire d'Orient sous le poids de l'obscurantisme religieux. En 415, la philosophe Hypathie est assassinée par des chrétiens à Alexandrie (voir le film Agora). En 528, Justinien ferme la dernière école philosophique néoplatonicienne d'Athènes (les autres écoles ayant déjà été détruites au IVe siècle) et condamne désormais à mort les apostats. La pratique du paganisme n'est pas seulement interdite, désormais le fait même d'avoir des convictions païennes est passible de la peine capitale. Ceux qui recopient les écrits païens ont la main tranchés. (Ramsay Macmullen. Christianisme et paganisme. Chapitre 1). En 582 Athènes est mise à sac et conquise par les slaves. En 611 les perses prennent Antioche (en Turquie). 636-646 les arabes prennet le levant et l'egypte. les arables font le blocus de constantinople 674-678 et 716-718. Les byzantins ne sont pas l'empire romain d'orient. Ils ne sont pas la grande puisance de la région. Conscient de leur impuissance, ils cherchetn la source de leurs échec dans la religion et de 726 à 843, période inconoclaste. Enfin pendant que les turcs assiégaient Constantinople en 1453, les byzantins discutaient du sexe des anges.




Le christianisme est bien la cause principale de la chute de Rome


    La menace Barbare n'était pas nouvelle. Quand Rome était païenne, cette menace était largement contenue. Les épisodes du IVe siècle avant JC (Brennus et la Bataille de l'Allia 15 à 40 000 pertes romaines) et du IIe siècle (la Guerre des Cimbres 110 000 morts romains, très supérieurs à la célèbre bataille de Cannes contre Hannibal) montrent que de graves invasions barbares avaient déjà eu lieu pendant la République. Sauf qu'au Ve siècle quelque chose a changé et Rome ne sait plus y faire face.
    Les barbares ont certes progressé depuis, mais les victories de Julien montre qu'ils restaient encore parfaitemnt contrôlales. De plus, ils ne représentent qu'une faible population (5% de l'empire romain) avec une agriculture peu développée. Ils ne sont pas une menace mortelle (sauf si rome est désorganisée comme l'a montré l'épisode du IIIe siècle). Une Rome florrisante ne s'effondre pas au Ve sicèle en raison d'une cause externe que serait les barbares, mais en raison d'une cause interne (sa décadence dont sa conversion au chrisitanime en 394 est l'aboutissement ultime). Les barabres ont seulement violement accéléré la chute d'une Rome décadente qui aurait sinon dégénéré plus lentement. Ils sont donc le catalyseur de la chute brutale de l'occident, mais pas la vraie cause de la chute. La vraie cause est donc interne à Rome. En résumé:
-     Sans le christianisme, les barbares ne prenaient pas Rome.
-     Avec le chrisitanisme (mais sans les barbares) on aurait eu un déclin plus lent, mais un effondrement quand même. Le chrisitanisme est donc bien la VRAIE cause profonde du déclin de l'occident et ultimement de sa chute (de la même façon que le recul du christianisme dans les élites à partir de la renaissance sera la cause qui permettra la remontée en puissance de l'occident).


On m'objectera que le chrisitianisme ne permet pas d'expliquer tout. Certes, mais si je dis que l’idéologie nazi est la cause principale de la seconde guerre mondiale, cela ne permet pas de comprendre tout non plus. La causalité des événements est toujours multifactorielle (idéologique, économique, géographique, humaine...). Donc ce n'est pas parcequ'il a
à chaque fois d'autres causes plus complexes, que le christianisme n'est pas la cause de fond principale.

    Lorsqu'on m'oppose que la cause principale de la chute de l'empire Romain au Ve siècle reste les barbares, je répond oui... des barbares convertis au christianisme ! (des ariens qui deviendront ensuite nicéens). Si Rome avait été conquise par des païens germaniques porteur d'un néostoicisme ou à un néoépicurisme (Arbogaste ?), il ya urait eu continuité civilisationelle. La civilisation gréco-romaine aurait perdurée même si l'empereur romain était ensuite devenu un grand blond et que la capitale avait été déplacée plus au nord, comme ce fut le cas lorsque Rome vainquit la Grêce. C'est donc bien le christianisme qui est la cause profonde de la disparition de cette civilisation et des "dark ages". Les barbares ont abandonné leur paganisme pour se convertir en masse au christianisme, l'alliance  naturelle de Thor et de Jupiter contre Jésus devenant alors impossible Jésus est désormais libre de détruire Jupiter dans le sud avant de s'occuper de Thor dans le nord.   
   

    Il est important de préciser que c'est un christianisme fanatique qui prend le pouvoir dans l'antiquité et pas une version plus humaniste qui existait pourtant déjà (Pelage), et qui pouvait essayer de s'accorder avec la philosophie grec au lieu de simplement vouloir la détruire, ce qui rémergera au milieu du moyen-âge et permettra la renaissance. 


    Contrairement donc à la plupart des historiens modernes qui nient la responsabilité évidente du fanatisme chrétien dans ce désastre et rejettent la conclusion de Gibbon, pour ma part, je rejoins donc la position classique de Gibbon ou aujourd'hui de Ramsay Macmullen (Christianisme et paganisme. Chapitre 3) qui insisitent sur la responsabilité de toute la superstition (incluant donc Platon et le néoplatonisme). La supersition païenne a servi d'arguments à l'irationalisme chrétien qui a su l'exploiter dans ses défenses et apologies et ceci a empêché le lancement d'une contre-offensive qui aurait été bien plus efficace et moins criminelle que les persécutions.

    Outre donc la question du sac de Rome ou même la chute de l'occident, plus généralement la disparition de la civilisation gréco-romaine classique fut d'abord causée par une montée générale de l'irrationalité chez les païens au IIIe siècle, dont le christianisme ne fut ensuite que l'aboutissement ultime. Le reniement de la "Raison grecque" (expression de Celse) et des Lumières antiques qui avaient soutenues le génie gréco-romain détruisirent cette civilisation de l'intérieur (y compris dans l'empire d'Orient également décadent).
    Ma conclusion sur l'empire romain ne devrait pas paraître si choquante ni originale. Elle n'est que l'application au cas romain de ce que l'on admet pour d'autres cas similaire. 
La destruction de la rationalité est le facteur clef généralement retenu pour expliquer la fin de l'âge d'or de la civilisation arabo-musulmane (VIII-XIIe siècles) qui s'effondre au XIIe siècle lorsqu'elle renie la science sous l'influence de théologiens obscurantistes comme Algazel. Inversement, on admet généralement que les progrès de l'Occident lors de la Renaissance et des Lumières s'expliquent principalement par un retour de la rationalité (scientifique, philosophique, éthique, politique...).
    La refome religieuse de Nabonidus précipite la chute de la civilisation mesoppo-akkadienne. Le role des religions dans l'histoire est énorme.




V, VI et VIIème siècle
 
L'effondrement total de l'occident

 


- Au début de la renaissance, Petrarque parle de "dark ages" (âges sombres) pour décrire la période post-romaine. En effet, au V, VI, VIIe siècle, on constate l'effondrement complet de la civilisation en Occident, avec un retour à des conditions de vie comparables à celles de la préhistoire dans certaines régions:

  S'il y a bien un événement majeur à retenir dans l'histoire, c'est la chute de Rome. C'est l'événement historique le plus important et marquant de tous les temps. En terme de descution relative, la seconde guerre mondiale est un non-événement.


     En effet, au Ve sicèle, on constate la disparition des infrastructures, écoles, routes, aqueducs, constructions en pierre... perte d'usage de la monnaie, montée de l'illettrisme... (Bryan Ward-Perkins. La chute de Rome). La population de l'empire romaine avait atteint un record de développement (Gibbon p31). La ville de Rome perd 95% de sa population. L'eau y est coupée. Voir aussi Paul Van Ossel, collège de france.

   


    Bruno Dumézil nous dit que les forêts regagnent du terrain au VIe et VII siècle. Selon Ward Perkins, après la chuite de Rome les trois quart de la population disparait. Au levant, il faut attendre le mileu du XIXe siècle pour que la population remonte au niveau atteint sous l'antiquité romaine. (Ward-Perkins p234/235, p240).

      

    A Cologne, en Germanie romaine (80 000 habitants), l'eau potable était disponible pour tous les habitants (y compris les maisons des Ubiens) et ne serra rétablie qu'en 1872. Idem pour les égouts, il faut attendre 1881. Il faut attendre 1700 ans pour que la ville posséde un système de distribution d'eau comparable ! (documentaire: Rom am Rhein / LesRomains en Germanie).


 





       




L’analyse des glaces du carottage GRIP (Greenland Ice Core Project) montre que le taux de métaux dans l'air (plomb/cuivre - signe de l'activité humaine) connait un pic à l'époque romaine avant de chuter à un niveau quasi- préhistorique au moyen-âge.
"lead pollution sustained over decades at or above the levels of the high Roman Empire only began in the 12th century. However, because of the more northerly location of medieval mining regions to which the coring sites are more sensitive, this does not necessarily mean that the emissions at that time were higher than during the Roman period."
McConnel PNAS 2019 https://www.pnas.org/content/116/30/14910  


Paris a seulement 25 000 habitants au XIIe siècle


      



   Alors que dans l'empire romain, 50% de la population savait lire, le taux d'alphabetisation tombe à seulement 1% au moyen âge (Charlemagne ne savait pas écrire. Les Francs saliens sont analphabêtes.) Au Ve siècle, 95% des livres disparaissent. L'hostilité des pères de l'église envers la science ne favorise pas la transmission du savoir (Interview Dr Richard Carrier ; idem selon John Scheid).


        Grégoire de Tour écrit: "Aussi beaucoup d'hommes gémissaient disant : « Malheur à nos jours ! L’étude des lettres périt parmi nous, et on ne trouve personne qui puisse raconter dans ses écrits les faits d'à présent »".        


        Walafrid Strabon: "La science entière en partie inconnue de ce monde barbare"


    Au VIIIe siècle, le souvenir heureux de Rome demeurait encore vivace en Occident, au point que Charlemage se déclara "Empereur des Romains".


      De même, l'armée romaine compte 600 000 hommes sous Dioclétien, et peut déplacer des dizaines légions comptant au total plusieurs centaines de milliers hommes, des effectifs très supérieurs à celui des croisades, toute l'europe coalisée donne (25 000 hommes - 5% de l'armée de Dioclétien dans l'antiquité). La situation militaire ne sera clairement dépassée qu'à l'époque napoléonienne.

     L'Occident mettra plus donc entre 1000 et 1500 ans à se rétablir selon le critière choisi, et avec l'aide d'innovations et de découvertes ultérieures venues d'Asie et d'Orient. Au siècle de louis XIV nait l'idée que l'on a égalé et peut-être désormais dépassé  les anciens (Charles Perrault, Le Siècle de Louis-le-Grand). En fait selon le crière choisi, la situation se rétablit à la renaissance (culture), voir seulement au XIXe siècle (taille des villes et des armées), et même la deuxième partie du XXe siècles (divorce, liberté sexuelle, tolérance des homo). Et si prend comme critère, la sagesse de l'exigence envers soi culture héroique via la philosophie, alors on ne s'est jamais relevé de la chute de Rome.



     La parenthèse romaine.   Une autre lecture de la chute de Rome est de voir que quand l'élite romaine très éclairée a perdu le contrôle politique de son empire, les peuples sont seulement retournés à leur état antérieur avant la prospérité inédite apportée par la pax romana.

     Le cas de l’Angleterre ou de la Gaulle montre un effondrement total quand Rome se retire, et illustre à quel poids Rome, malgré la violence de ses conquêtes ou d'excès ponctuels, était avant tout un protecteur plus qu'un oppresseur

        « La protection de la république a délivré la Gaule des discordes civiles et des invasions étrangères. En perdant votre indépendance nationale, vous avez acquis le nom et les priviléges de citoyens romains ; vous jouissez en commun avec nous des avantages durables du gouvernement civil ; et votre éloignement vous met à l’abri des maux accidentels de la tyrannie. Au lieu d’exercer les droits de la conquête, nous ne vous avons imposé que les tributs indispensables pour suffire aux dépenses qu’exige votre sûreté. La paix ne se maintient que par le secours des armées, et il faut que le peuple paye les armées qui le protègent. C’est pour vous, et non pas pour nous, que nous défendons les barrières du Rhin contre les féroces Germains qui ont si souvent tenté et qui désirent toujours de quitter leurs bois et leurs marais solitaires pour le riche et fertile territoire de la Gaule. La chute de Rome serait fatale à vos provinces ; vous seriez ensevelis sous les débris de ce grand édifice élevé par la sagesse et la valeur de huit siècles. Un maître sauvage insulterait et opprimerait cette liberté que vous auriez imaginé obtenir, et l’expulsion des Romains vous exposerait aux hostilités continuelles des conquérans barbares. » (Tacite cité par Gibbon, début du chap XXXVIII)

    En germanie, il n'y avait ni ville, ni usage de l'écriture et de monnaie avant le IIIe siècle. C'est véritablement la préhistoire. En Judée, Ponce pilate prend l'argent du temple pour constuire un aqueduc et apporter l'eau à Jerusalem grauite pour tous, mais les juifs religieux se rebellent. En gaulle, avant Caesar, on vivait sous la théocratie des druides qui avaient interdit l'écriture et dictaient les lois et les jugements. Les prêtes feront un peu prêt la même chose au début du moyen-âge en se reservant l’écriture et le savoir et en dominant les princes (jusqu’à Phillipe le Bel au XIVe siècle en France et la réforme protestante au XVe siècle).

  La théocratie. Exemple de Théodose II "une honteuse superstition l’asservissait et la dégradait encore. Il jeûnait, chantait des psaumes, et croyait aveuglément aux miracles et aux préceptes qui nourrissaient sa crédulité. Dévotement attaché au culte des saints, soit morts, soit vivans, de l’Église catholique, l’empereur des Romains refusa une fois de manger, jusqu’à ce qu’un moine insolent, qui avait osé excommunier son souverain, eût daigné guérir cette blessure spirituelle."  Gibbon XXXII. 



L'histoire falsifiée par l'église. Les Francs étaient des fédérés, c'est-à-dire des alliés des romains qui avaient été invités à ocupper les terres de Gaulle dépeuplées suite à des incursions barbares sous Julien, donc 130 ans avant Clovis. Arbogast, chef des francs fédérés est le rédacteur de la loi salique, et il était aussi consul de Rome. Dans la tombe de Childéric père de Clovis; les insignes retrouvés monrtent que c'était un général romain. L'histoire réelle du pays la Gaulle et même l'histoire réelle des Francs a été par la suite prise en otage par les chrétiens pour devenir l'histoire de leurs succès dans ce pays. Donc non, la France ne commence nullement avec le bapttème de de Clovis vers 500. C'est le pouvoir de l'église sur les rois qui commence à ce moment là et donc continuer de défendre cette version de l'histoire, c'est prendre en otage la vérité (et le pays) au service du projet théologico-politique chrétien.https://www.youtube.com/watch?v=FJQbOZcqomQ

 

Voir Gibbon, chap XIX, note: "Le paradoxe du père Daniel, qui prétendait que les Francs n’avaient jamais obtenu d’établissement fixe sur ce côté-ci du Rhin avant le règne de Clovis, est refuté très-savamment, et avec beaucoup de bon sens, par M. Biet, qui a démontré par une longue suite d’autorités, que les Francs ont possédé sans interruption la Toxandrie pendant cent trente ans avant l’avénement de Clovis."



La terreur de l'église pour imposer le Moyen-Age chrétien



Quand le christianisme devient-il majoritaire dans la population ? Il n'y a que 5-10% de chrétiens lors de la conversion de Constantin. Cela augmente pendant le IVe sicèle, et ils deviennent majoritaire entre la fin du IVe siècle et le milieu du Ve siècle. Il faut donc voir la législation chrétienne en regard du rapport de force politique.
    - au IVe siècle: les chrétiens sont très minoritaires : politique de favorisation du christianisme, mais le paganisme est forcément toléré.
    - tournant du Ve sicèle: chrétien s'approchent de la majorité: interdiction des pratiques païennes, reste la liberté de conscience pour la moitié restant de la population.
    - VIe siècle: christianisme dominant: suppresion de la
liberté de conscience pour les païens restant.


- A la fin IVe siècle, "dans presque toutes les provinces du monde romain, une armée de fanatiques, sans discipline comme sans autorité, assaillaient les paisibles habitants, et les ruines des plus beaux monuments de l’antiquité attestent encore les ravages de ces barbares, qui avaient seuls le loisir et la volonté d’exécuter des destructions si pénibles. [...]
    Saint Martin, évêque de Tours, parcourait la Gaule à la tête de ses moines, et détruisait les idoles, les temples et les arbres consacrés, dans toute l’étendue de son vaste diocèse. En Syrie, l’excellent, le divin évêque Marcellus, ainsi que l’appelle Théodoret, animé d’un zèle apostolique, résolut de raser tous les temples du diocèse d’Apamée. Marcellus [..] attaqua successivement les temples répandus dans les villages et dans les campagnes [...] des paysans en fureur le surprirent et le massacrèrent, et le synode de la province prononça sans hésiter que le pieux Marcellus avait sacrifié sa vie au service de la foi."
(Gibbon, chap XXVIII).


« Marcellus d’Apamée, à l’origine en 386, de la destruction du grand temple local de Zeus : se lançant alors dans une série de destructions dans les campagnes avoisinantes, il est finalement tué par une foule vengeresse en voulant s’attaquer une fois encore à un temple de la Bekaa, au sud d’Apamée. Il n’est alors rien de moins que capturé et brûlé vif, et ses enfants, réclamant justice au nom de leur père, se verront déboutés pour une question de paix civile. On argua alors d’une certaine dignité de mourir pour le Seigneur, et les enfants du défunt en furent quittes pour leurs frais. »
JUSTINE CUDORGE La_destruction_des_sanctuaires_paiens


en 399, à sufes byzacène (60 chrétiens tués) suite au vandalisme chrétien de statues païennes.

En 408 à Calama, insurrection païenne et tolérance/complicité des autorité locales dénoncée par Augustin.
Claude Lepelley. Augustin et la cité romano africaine (page 33).


« Un grand nombre d'édifices païens étaient tombés sous le marteau, en Gaule et en Afrique, et le fameux sanctuaire de Vénus Céleste, antique orgueil de Carthage, pris en quel que sorte d'assaut par l'évêque de la ville, venait d'être transformé en église. Pour mettre à l'abri les objets de leur culte, les païens de leur côté construisaient des cachettes dans leurs maisons ou au fond de leurs jardins »
Amédée Thierry. Revue des deux mondes. Trois Ministres de l’empire romain sous les fils de Théodose.

« les moines s’emparèrent de la grande église. Ce sont des hommes qui renoncent au mariage, qui remplissent les villes et les campagnes de communautés nombreuses, qui ne portent point les armes et qui ne rendent aucun service à l’état. S’étant toujours multipliés depuis leur premier établissement, ils ont acquis de grandes terres, sous prétexte de nourrir les pauvres, et ont en effet réduit tout le monde à la pauvreté (cf Gibbon
XXXVII -> Churchill). S’étant donc emparé de l’église, et en ayant gardé l’entrée, le peuple et les gens de guerre demandèrent la permission de réprimer leur insolence, et l’ayant obtenue, ils fondirent sur eux et en tuèrent un si grand nombre que l’église fut remplie de corps morts. Ils poursuivirent ensuite les autres, et n’épargnèrent aucun de ceux qui étaient vêtus de noir »
Zosime

voir aussi Claudien (poète païen), cité par Gibbon, chap XXIX à propso des moines de l'îles de Capraia (italie).


"Mais ces gens vêtus de noir (les moines), [...] cours aux temples, apportant avec eux du bois, des pierres et du fer,[...] les toits sont découverts, les murs sont abattus, les images sont emportées et les autels sont renversés : les prêtre (paeïens) doivent toujours se taire sous peine de mort."« [les moines] se sont répandus sur le pays comme des torrents, dévastant les pays avec les temples : car partout où ils démolissent le temple d'un pays, en même temps, le pays lui-même est aveuglé, décline et meurt." "ceux qui oppriment les habitants : et dépouillant ces misérables de leurs biens et de ce qu'ils avaient amassé des fruits de la terre pour leur subsistance, ils s'en vont comme avec le butin de ceux qu'ils ont conquis."
Libanius, Oraison 30 : Pour les temples (Pro templis)


-  En Orient, vers 550-600, sous Justinien, Tibère II et Maurice la spoliation et la
persécution des païens est la politique officielle de l'état Byzantien. Plusieurs personnages parfois haut placés sont exécutés pour paganisme, à l'image du gouverneur de Carrhae Acindynus (Ramsay Macmullen. Christianisme et paganisme. Chapitre 1).


- En 681 le concile de Tolède demande de faire arrêter et décapiter toute personne coupable de pratiques non-chrétiennes. Le paganisme persiste pourtant et est encore vivace. Il est parfois majoritaire dans le peuple, par exemple en provence en 580 (MacMullen p111), en espagne ou en angleterre. On trouve encore des traces tardives de paganisme jusqu'au IX et Xe siècles.
    "
Le gouvernement aussi poussé par les évêques brandissait la menace et plus: amendes, confiscations, exil, emprisonnement, fouet, torture, décapitation et crucifixion. Qu'imaginer de plus ? Rien. On faisait pression de toutes les manières possibles et imaginables, même les plus extrêmes. C'est ainsi que l'on se fit obéir au bout de plusieurs siècles et que l'empire fut véritablement rendu chrétien" (Ramsay Macmullen. Christianisme et paganisme. Chapitre 2).   



- Au VIIIe siècle, Charlemage, le soldat de l'église, parcourt l'Europe occidentale pour faire aux païens ce qu'Hitler faisait aux juifs. En 772, Charlemagne fait exécuter 4500 prisonniers païens qui refusent de se convertir au christianisme en une seule journée ! (Massacre de Verden). Les dernières poches de résistances païennes sont ainsi éradiquées. L'inquisition poursuivra son combat jusqu'au XVIIIe siècle.

Note: A titre de comparaison, pendant la terreur à Paris durant 2 ans (entre 1793 et 1795), dans un climat de guerre civile et d'invasion étrangère, 2 639 personnes sont condamnées à mort par le Tribunal révolutionnaire. L'établissement du christianisme a donc été très violent ce que les chrétiens ont oublié !


- En hongrie, en 1046, Révolte païenne de Vata.


- en Scandinavie. Les textes de Snorri Sturluson vantent les exactions chrétiennes "ceux qui n’abandonnaient pas le paganisme étaient expulsés, à d’autres, [Olaf Haraldson] faisait couper les mains ou les pieds ou extirpait les yeux, pour certains il les faisait pendre ou décapiter, mais ne laissait impuni aucun de ceux qui ne voulaient servir Dieu (…) à qui il affligeait de grands châtiments"


- la Lithuanie (dernière terre christianisée d'Europe en 1387). Au début du XIe siècle, le premier moine à se risquer dans ces confins païens de l'Europe, Bruno de Querfurt, se fait massacrer sans autre forme de procès. Piqués au vif par la résistance des Baltes, les chevaliers Teutoniques et leurs cousins de l'ordre des Porte-Glaive se mettent en tête de convertir ces irréductibles au fil de l'épée. Mal leur en prend. "Il était inconcevable pour les tribus qui peuplaient ces contrées d'accepter la religion que cherchait à leur imposer l'agresseur", souligne Algirdas Jakubcionis, professeur d'histoire à l'université de Vilnius.




 Qui sont les héritiers de Rome ?



Hitler, une résurgence barbare au XXe siècle ? Le troisième reich s'est réclamé de l'empire Romain, mais il a aussi été comparé aux barbares avec qui il a des points communs. En effet, les romains reprochaient aux barbares:
    - D'être guidés par des instincts bestiaux/brutaux plus que par la Raison.
    - De pratiquer des atrocités (sacrifices humains/tortures horribles...).
   - De piller au lieu de commercer. D'être incapable de contractualiser par le respect du droit. Hostile au commerce et ne respectant pas ses propres traités, dans l'idéologie nazi l'Aryen ne doit pas acheter, il peut prendre ; il ne doit pas payer, ni contratualiser, il doit voler (Les nazis et l'argent : au coeur du IIIe Reich | ARTE - 29-32 min).

   - de vivre en tribus guidés par le dictat arbitraire d'un chef / d'un roi au lieu de vivre sous la loi universelle de la république. L'empereur romain n'est pas un roi, mais c'est plus un président de la république. La figure de l'empereur romain trouve ses racines chez le tribun de la plèbe Tiberius Gracchus, puis chez Marius, et enfin chez le marianiste Jules Caesar. L'empereur romain est en fait un super-tribun de la plèbe (le principat inventé par Auguste) pour rééquilibrer le pouvoir en faveur du peuple contre la caste des patriciens (riches/nobles qui contrôlent le sénat), mais donc l'empereur romain ne provient nullement d'un rejet de la république démocratique, que les fascites/nazis avaient en horreur.


voir Johann Chapoutot


    Les principales reproches que les Romains font aux barbares se retrouvent donc dans la doctrine nazi/fasciste, qui est issue des contre-lumières et qui remonte en fait aux racines profondes et anciennes de l'europe moyenâgeuse barbare (voir par exemple Evola, Autodéfense). L'extrême droite monarchiste, traditionaliste, anti-Lumière, et a fortiori chrétienne, se fourvoie lorsqu'elle se réclame parfois de la Rome antique. Eux sont les héritiés des envahisseurs barbares qui ont sottement abandonnés le paganisme nordique pour se convertir à la supertition orientale qui a tué Rome de l'intérieur mais qu'ils ont rapidement trahis et transformés via l'église et le système féodale en une idéologie d'extrême droite ; la chrétienné ayant trahit presque tous les principes gauchistes de Jésus-Christ


Napoléon. pas un caractère romain. Il laisse mourir ses soldats de sa campagne d'Egypte. un général romain n'aurait jamais fait cela. Jules caesar s'est fait assasiné pour bien moins que cela (Voir les conférences de Henri Guillemin).


    En conclusion, les humanistes de la renaissance, les libres-penseurs, les Lumières et même les révolutionaires français avaient plutôt raison de se sentir héritiés de la Rome antique. Pour Saint-Just: "Le monde est vide depuis les Romains ; et leur mémoire le remplit, et prophétise encore la liberté". Machiavel avait déjà déjà la même chose plus discrètement (Discours sur Tite-Live).






Le débat politique contemporain:


Les historiens épris de relativisme culturel et donc civilisationnel refusent désormais même de parler d'effondrement (mais seulement "d'antiquité tardive"), la thèse de Peter Brown combattue par Bryan Ward Perckins. Peter Bown
(gauche soixante huitarde immigrationsite) réinterpriéte donc les invasions barabres dans une version promigrant et dénature l'histoire pour des raison idéologiques. Perckins le traite de "Gourou". Un précueuse du wokisme et de la cancel culture.


D'un côté un Eric Zemmour (représentant de la droite pro-catholique) dénonce la dissimulation de la chute de Rome et les invasions barbabres par la gauche postmoderne, tout en refusant de voir que le christianisme est la vraie cause derrière cet effondrement. De l'autre côté pour les gauchistes partisans du relativisme culturel, la comparaison n’est pas possible car selon eux les critères de vérité sont internes à chaque culture, donc leur idéologie du relativisme et de l’égalitarisme généralisé contient déjà en soi la conclusion que la chute de Rome n’a jamais eu lieu.  


Notre rapport à l'histoire de Rome est un révélateur de notre appartenance civilisationnelle. Il en dit moins ur Rome que sur nous. Et quand la version del'histoire qui prévalait depuis 1000 ans en Occident fait tou à un coup un 180°C complet, on est en droit de se demander si le rejet des vraies Lumières par la droite catho et la trahison des Lumières par la gauche pseudo-progressiste ne nous a pas fait changer de civilisation par rapport à l'esprit qui prevaleit depuis la renaisssance ? Oui je crois que lnotre rapport à l'histoire de Rome est un révélateur. Pour nous classiques, prendre conscience de cette situation déplorable, c'est se mettre en capacité de résister et de crééer les conditions propices à la renaissance des idées classiques contre les deux anti-rationalistes parfois opposés mais parfois alliés et qui dominent ensemble aujourd'hui contre nous, les païens, héritiers de la Rome antique.

Le Kantien Luc Ferry (pro chrétien) est pro Peter Brown qui sert à relativier , dissimuler la responsabilité du christianisem dans la chute de Rome.



philosophie et histoire. Toute analyse et jugement historique et politique contient en fait des jugements moraux et philosophiques a priori. Par conséquent, les personnes ayant initialement des opinions philosophiques très différentes aboutiront nécessairement à des jugements historiques et politiques différents. Donc, derrière les débats historiques (ici la chute de Rome), ou parfois même scientifiques (le débat Bohr-Einstein), se cache en fait un débat philosophique de fond, qui est notre véritable combat.
    Notre point de vue pro-Empire Romain et anti-Chrétien, ici développé, correspond donc à celui de notre positionnement philosophique. De même que l'avis pro-chrétien correspond à la position théologico-spiritualiste et la position pro-barbare provient du relativisme culturel qui promeut l'égalitarisme civilisationnelle. Ainsi, bien qu’un jugement historique reste relatif à sa doctrine philosophique, comme notre philosophie s'affirme comme la vraie, et que celle de nos adversaires est dénoncée comme fausse, nous concluons malgré tout que les jugements historiques qui découlent de notre philosophie sont absolument vrais, et pas seulement relatifs.








          ► Celse le premier philosophe païen contre les chrétiens

La page Noire de Jésus-Christ


Nietzsche dénonce l'inversion des valeurs

          ► De la Destruction du Paganisme Antique au Panthéisme du XIIe siècle


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