Le Rationalisme Intégral
Cette page définit le rationalisme intégral en exposant ses 5 thèses principales, et montre comment Démocrite, Epicure, Spinoza et Einstein se rattachent à ce courant de pensée :
Thèse n°1 : « La nature est un tout nécessaire, autosuffisant, formant la plus grande simplicité concevable et contenant tout ce qui est. Il n’y pas de dieu incausé, ni d’entité mystique au-dessus ou au-delà de la nature »
Démocrite : Oui, il y a seulement l’être (la matière) et le non-être (le vide).
Epicure : Oui, comme Démocrite, les atomes dans le vide infini forment l’univers et rien ne peut exister au-delà.
Spinoza : Oui, la nature est autosuffisante. Rien ne peut être au-dessus de la substance unique et infinie.
Einstein : Oui, comme Spinoza, la nature est la réalisation de la plus grande simplicité concevable mathématiquement.
Thèse n°2 : « Tout obéit partout et toujours aux lois mathématiques de la nature, que nous appelons « lois de la physique », y compris les éléments constitutifs de la conscience. Il n’y a pas de surnaturel, pas de cause première incausée, pas de miracles, pas de forces vitales ou magiques dans les choses. Le mouvement est inhérent à la matière. L’idée d’une providence ou d’une causalité finale s’exerçant dans la nature est une illusion humaine »
Démocrite : Oui, le mouvement des atomes dans le vide définit tout ce qui est, aussi si la divination fonctionne, c’est que se cache derrière une explication rationnelle.
Epicure : Oui, comme Démocrite, le mouvement est inhérent à la matière. En revanche, il se produit parfois des déviations aléatoires des atomes qui créent de l’incertitude, mais ce mouvement est une propriété des atomes, c’est une loi de la nature. Même les dieux sont soumis comme tout le monde aux lois de la nature : ils sont formés de matière, ils n’ont pas créé le cosmos et ne le dirigent pas.
Spinoza : Oui, tout est déterminé par les lois fixes et éternelles de la nature. La finalité est une illusion humaine.
Einstein : Oui, tout a une cause, tout est déterminé. Je ne parviens pas m’imaginer un but au-delà de la sphère humaine.
Thèse n°3 : « La vérité existe de manière absolue, et la réalité externe à la conscience est indépendante d’un observateur (point de vue matérialiste/objectiviste). Les spiritualistes/idéalistes, comme les sceptiques/empiristes sont dans l’erreur»
Démocrite : Oui, cependant les qualités sensibles perçues par les sens (chaud, doux, agréable…) sont relatives à l’observateur. En vérité, seuls les atomes et le vide sont absolus.
Epicure : Oui, et en soi la sensation est toujours vraie, mais c’est la raison qui se trompe et interprète mal la sensation.
Spinoza : Oui, voir le soleil à 200 pas est une sensation vraie, causée par la nature de l’oeil et du cerveau. L’erreur c’est d’accorder à cette sensation l’idée qu’elle nous suggère.
Einstein : Oui, l’observateur ne créé pas la réalité.
Thèse n°4 : « La pensée humaine peut entrevoir la réalité ultime. Il n’y a pas de limitation définitive à la Raison qui imposerait le scepticisme ou laisserait la possibilité d’un mystère inaccessible, légitimant la croyance en une forme de transcendance »
Démocrite : Oui, la connaissance rationnelle mène à la vérité et permet de percevoir le cosmos au-delà des sens qui sont une connaissance bâtarde et limitée.
Epicure : Oui, la connaissance rationnelle permet de percevoir le cosmos, mais la spéculation doit être complétée par les sens. Enfin, il faut suspendre notre jugement quand il existe plusieurs explications rationnelles possibles pour un phénomène et que l’expérience ne peut les départager.
Spinoza : Oui, le réel est entièrement intelligible et la connaissance rationnelle nous offre la vérité absolue.
Einstein : Oui, la pensée pure peut atteindre la réalité. La limite est cependant que les concepts humains sont des constructions artificielles. En les affinant de mieux en mieux nous pouvons nous approcher toujours plus près de la pure rationalité qui se manifeste dans l’existence, sans jamais la saisir parfaitement dans sa simplicité originelle.
Thèse n°5 : « La pensée rationnelle éventuellement associée à l’expérience sensible, alors appelée démarche scientifique, est la seule voie légitime vers la vérité. L’intuition mystique, les pseudo-sciences et les soi-disant formes de connaissance prétendant dépasser la rationalité ne sont que des signes de faiblesse ou de confusion »
Démocrite : Oui, toutefois les rêves contiennent des images à interpréter.
Epicure : Oui, et les images vues dans les rêves ne signifient pas grand-chose.
Spinoza : Oui, la réalité est un ordre mathématique et seules les mathématiques ou les pensées qui prennent les mathématiques en exemple ont su libérer les hommes de l’erreur.
Einstein : Oui, la simplicité mathématique est la seule source crédible de vérité.