La page noire d’Emmanuel Kant

Le plus grand danger qui menace une idée n’est pas tant le fait qu’elle soit combattue, ni même vaincue à un moment de l’histoire, car même dans ce cas, elle continue d’exister en tant qu’idée. Le pire qu’il puisse arriver à une idée, c’est que l’on croit qu’elle est représentée ou même qu’elle a enfin triomphé, alors que sous son nom se trouve désormais autre chose, car elle a été dénaturée de l’intérieur par des traîtres qui sont censés la défendre mais qui ont composé avec ses ennemis. Voilà pourquoi, je vous propose cette page noire d’Emmanuel Kant. Je dénonce en lui un cas flagrant de compromission des lumières avec leurs adversaires, et je trouve risible, scandaleux et surtout dangereux de tenir cette pensée pour le couronnement du siècle éclairé, comme on le fait habituellement.
La place de la Raison et de la connaissance selon Kant :
Voir les extraits rassemblés sur la page : Kant au secours de la théologie
Le Mal radical en l'homme :
L'avis de Goethe : « Kant après avoir employé une longue vie d'homme à décrasser son manteau philosophique de maints préjugés salissants, l'a ignominieusement corrompu de la tache du mal radical afin que les chrétiens soient appâtés et qu'ils viennent en baiser le rebord »
Goethe lettre à Herder
Kant et la liberté de philosopher :
« Si les gouvernements jugeaient à propos de se mêler des affaires des savants, ils feraient beaucoup plus sagement, dans leur sollicitude pour les sciences aussi bien que pour les hommes, de favoriser la liberté d'une critique qui seule est capable d'établir sur une base solide les travaux de la raison, que de soutenir le ridicule despotisme des écoles, toujours prêtes à dénoncer à grands cris un danger public, quand on déchire leurs toiles d'araignée, dont le public n'a jamais entendu parler et dont il ne peut pas même, par conséquent, sentir la perte. »
Critique de la Raison pure, préface de la seconde édition
« Il faut que la police veille attentivement à ce que ceux qui s’arrogent le droit de prescrire quelle philosophie on doit étudier, soient des médecins habilités et non des amateurs qui bousillent un art dont ils ignorent les rudiments »
d’un traité de paix perpétuelle
L’universel selon Kant :
« Les Nègres d’Afrique n’ont reçu de la nature aucun sentiment qui s’élève au-dessus de la niaiserie (...) Les Noirs (...) sont si bavards qu’il faut les séparer et les disperser à coups de bâton ».
Observations sur le sentiment du beau et du sublime
« Les gens de Palestine qui vivent parmi nous se sont fait depuis leur exil, la plupart d'entre eux du moins, par leur inclinaison à l'usure, une réputation de trompeurs qui n'est que trop méritée. »
Anthropologie d'un point de vue pragmatique, faiblesses et maladies de l'âme, note
« Les Indiens ont un goût dominant pour les bouffonneries »
Observations sur le sentiment du beau et du sublime
Kant et les idéaux de la révolution française :
« L'origine du pouvoir suprême est insondable pour le peuple qui y est soumis… toute autorité vient de Dieu »
« La monarchie est la meilleur constitution politique »
Doctrine du droit, II, 51
« La démocratie est nécessairement un despotisme »
Vers la paix perpétuelle
Contre la légende de Kant, partisan de la révolution, lire : Kant et la révolution de France
La citoyenneté selon Kant :
« Le serviteur, le mineur, toutes les femmes et, en général tout individu qui n'est pas forcé d'entretenir son existence par sa propre activité, mais le doit aux dispositions d'autrui, n'ont pas accès à la liberté civile et leur existence n'est en quelque sorte qu'inhérence (la distinction entre citoyen actif et citoyen passif) »
Doctrine du droit, II, 46
« Le droit d'utiliser quelqu'un pour ses besoins domestiques équivaut à un droit sur la chose, parce que le domestique, comme membre de la société domestique, n'est pas libre de s'en séparer, et qu'on a par conséquent le droit de l'y amener de force »
lettre à Schutz, 10 juillet 1797
La justice selon Kant :
« Le crime ne peut rester impuni ; si le châtiment ne frappe pas le criminel, ce sont ces descendants qui devront payer… la dette du péché doit être acquittée, un parfait innocent dû-il pour cela s’offrir en victime expiatoire »
Doctrine de la vertu, remarque conclusive
La réaction de Kant aux discours contre la peine de mort :
« Tout cela n’est que sophisme et fausse interprétation du droit »
La dignité humaine selon Kant :
[à propos de l’infanticide d’un enfant né hors mariage] : « L'enfant né en dehors du mariage est né hors la loi (qui est le mariage) et par conséquent aussi en dehors de sa protection. Il s'est, pour ainsi dire, glissé dans la république (comme une marchandise interdite) ; de telle sorte que (puisque légitimement il n'aurait pas dû exister de cette manière) l'État peut ignorer son existence et par conséquent aussi l'acte qui le fait disparaître »
La paix selon Kant :
« Au degré de culture auquel est parvenu le genre humain, la guerre est un moyen indispensable pour la perfectionner encore; et ce n'est qu'après l'achèvement (Dieu sait quand) de cette culture qu'une paix éternelle nous serait salutaire et deviendrait possible. »
Conjectures sur les débuts de l'histoire humaine
« La guerre quand elle est faite avec ordre et respect du droit civil a quelque chose de sublime, et elle rend l'esprit du peuple qui la fait ainsi, d'autant plus sublime qu'il y est exposé à plus de dangers et qu'il s'y soutient courageusement : au contraire, une longue paix a ordinairement pour effet d'amener la domination de l'esprit mercantile, des plus bas intérêts personnels, de la lâcheté et de la mollesse, et elle abaisse la manière de penseur du peuple. »
Critique de la faculté de juger, analytique du sublime, 28.
► Critique de la doctrine de Kant