L’inné, l’acquis et le problème de la liberté

 

 

 

Chez les animaux, les gènes influent le comportement (par exemple la parade nuptiale et l’orientation sexuelle des mouches). L’idée que la matière et les gènes puissent déterminer nos actions crée un malaise et pose le problème de la liberté. En réaction à cette réalité, beaucoup vantent les mérites de l’acquis grâce auquel ils croient retrouver une liberté. Il est vrai que l’acquis complète et module l’inné, mais il n’offre pas plus de liberté. Les réflexes psychologiques et le milieu social conditionnent l’individu tout aussi efficacement que les gènes.

        La liberté n’est-elle donc qu’un vague concept philosophique incompatible avec le monde étudié par la science ? Dans  l’amour de la Raison universelle, je décris un modèle du fonctionnement du cerveau, proche des idées de Gerald Edelman, qui rend naturel l’existence d’une véritable liberté. Ces idées permettent de comprendre, comment et pourquoi une authentique liberté est possible dans un monde matériel. Pour donner un aperçu ici de ce modèle, je vous en propose l’image simplifiée suivante :

 

 

        « Si l’on veut se former une image du fonctionnement de la liberté humaine, qui utilise le déterminisme mécaniste, on pourrait comparer le fonctionnement de l’esprit à celui d’un instrument de musique.

Tout son est une vibration provenant de l’entrechoquement entre des molécules d’air. Lorsque ces molécules pénètrent dans une flûte, la forme de l’instrument leur impose un mode de vibration résultant en une sonorité particulière. Bien qu’une flûte puisse jouer une multitude de notes, le son d’une flûte conserve sa particularité, bien différente de celle du piano ou du violon. La flûte n’a, certes, pas le pouvoir de choisir la partition qui sera jouée. Sa “liberté” réside seulement dans les rapports qui la composent et qui se manifestent par la sonorité particulière qu’elle est capable de conférer à l’ensemble des notes qui la traversent. D’une manière assez similaire, l’esprit vit des événements déterminés par des causes historiques, et sa liberté s’exprime dans la manière unique dont le sentiment de soi fait éprouver et réagir aux événements qui arrivent.

Pour les besoins de cette analogie, nous avons considéré qu’une flûte était “libre” d’imposer sa sonorité particulière au souffle d’air qui la traverse, toutefois cette comparaison musicale présente plusieurs limites. Contrairement à l’esprit, la flûte est un objet prédessiné par un créateur et surtout elle n’a pas son propre mécanisme d’action… » extrait de « l’amour de la Raison universelle ».

 

 

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