Extrait sur l’origine de la vie

 

 

 

« Dans l’océan de la Terre primitive, les diverses molécules fusionnent ou s'accrochent ensemble grâce aux lois de la chimie. Avec la complexification des structures moléculaires, les associations deviennent de plus en plus spécifiques. Selon sa structure spatiale et électronique, chaque molécule est comme une clef qui ne peut s'emboîter que dans les molécules présentant une disposition complémentaire.

        Les réactions chimiques aléatoires se poursuivent et génèrent des milliards de nouvelles molécules toujours plus complexes. Chacune de ces grosses molécules attire de nombreuses autres, plus petites, qui lui sont localement complémentaires. En s’agglutinant, ces petites molécules fusionnent parfois entre elles et forment une nouvelle molécule, associée à la première. Par ce processus, certaines grosses molécules créent spontanément des moules d’elles-mêmes.

        Chaque couple ainsi formé est un réplicateur : il est doté de la fabuleuse capacité de se reproduire. En effet, lorsque les deux membres du couple se dissocient, chacun se met à attirer sur lui des petites molécules qui s'agrègent et fusionnent entre elles pour reformer le membre complémentaire. A chaque cycle de séparation, les effectifs sont dupliqués. Le réplicateur catalyse sa propre synthèse. Sa population croit alors exponentiellement et des milliards de milliards de copies se diffusent rapidement dans l’océan primitif.

        Idéalement, un réplicateur doit être formé de deux partenaires établissant des liaisons faibles entre eux, car ces liaisons doivent se rompre facilement pour permettre le prochain cycle de réplication. Inversement, les petites molécules précurseurs qui fusionnent pour recréer chaque partenaire doivent avoir la propriété d’établir des liaisons fortes entre elles, afin de former un réplicateur robuste. Parmi les innombrables types de réplicateurs qui sont apparus sur notre planète, une seule grande famille a résisté à l’épreuve du temps : les acides ribonucléiques, dont fait partie notre ADN.

Les différences physico-chimiques qui séparent les nombreux types de réplicateurs ont un impact sur leur résistance, leur capacité à attirer leurs précurseurs et bien d’autres paramètres qui au final, modifient leur aptitude à se reproduire. Dans chaque environnement, les réplicateurs moins aptes à se reproduire se retrouvent submergés par tous les autres. A force de dilutions, ils finissent par disparaître. Cette reproduction différentielle, entre réplicateurs bien et moins bien adaptés, engendre une amélioration de leur capacité de réplication au fils des générations. Comme de nouveaux réplicateurs apparaissent sans cesse à cause de l’imperfection du processus de réplication, l’ensemble des différents réplicateurs est soumis à une compétition constante qui sélectionne les plus aptes à se perpétuer. La capacité de reproduction imparfaite de ces molécules les soumet à une évolution constante. Aveuglement, cette pression sélective fait naître une volonté de survie qui fait basculer les lois de la chimie dans le monde du vivant. » (Extrait de « l’amour de la Raison universelle »)

 

 

  

 

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