l’Amour de la Raison Universelle

 

 

 

 

  Références et Notes

 

 

            Vous trouverez ici les références des citations ainsi que des notes complémentaires. J’invite souvent à aller voir d’autres textes où le même auteur, ou un de ses disciples, exprime une vue proche, afin de conforter l'authenticité et souligner l’importance que cette idée avait dans sa pensée. Des symboles signalent les principaux commentaires et citations complémentaires (è), les renvois à un ouvrage accessible (&) ou à une étude spécialisée ($).

            Les fragments de Démocrite et des pré-socratiques sont numérotés d’après le recueil de Diels-Krantz (noté DK). L’édition “les Ecoles Présocratiques” (notée EP) de Jean-Paul Dumont (Folio Gallimard 1991) me sert ici de référence, toutefois la traduction retenue est quelquefois celle proposée dans d’autres ouvrages (“Démocrite” de Maurice Solovine. “Penseurs grecs avant Socrate. De Thalès de Milet à Prodicos”). Pour Epicure et Spinoza, diverses traductions ont été ponctuellement utilisées. Le poème de Lucrèce est souvent préféré dans la traduction d’Henri Clouard. Certains fragments d’Epicure sont numérotés d’après le recueil “Epicurea” d’Hermann Usener (noté Us). Les fragments de l’épicurien Diogène d’Oenoanda ont été publiés sous le titre “La philosophie épicurienne sur pierre” par Alexandre Etienne et Dominic O’Meara. Les textes d’Einstein sont numérotés selon les “Einstein Archives” (notées EA, www.alberteinstein.info). Les ouvrages utilisés sont : “Collected papers of Albert Einstein” (noté CPAE), “Ideas and Opinions” (noté IO), “Comment je vois le monde” (noté CVM, Flammarion 1979), “Autobiographical notes” (noté AN), “Out of my later years” (noté LY), “les lettres à Maurice Solovine”, “The Born-Einstein letters”, “The New Quotable Einstein” d’Alice Calaprice (noté NQ), “Albert Einstein, The Human Side” d’Helen Dukas et Banesh Hoffman (noté HS, paru en français sous le titre “Correspondance”), “Einstein and religion” de Max Jammer (noté ER), et “Einstein philosophe” de Michel Paty (noté EPH).

 

1 -  Diogène Laërce, Vies des philosophes illustres, Pythagore. “Selon Philolaos, la géométrie est le principe et la patrie de toutes les sciences” (Philolaos DK A-VIIa; EP p251).

            è Comme Giordano Bruno, Pythagore est ici cité en tant que précurseur majeur du rationalisme intégral et non comme un authentique représentant, car ses idées rationalistes sont encore mêlées à de la superstition.

2 - Leucippe d’après Aétius, Opinions, I, XXV, 4 (DK B-II; EP p400).

3 - Démocrite d’après Cicéron, Premiers académiques, II, XXIII, 73 (DK B-CLXV; EP p542).

4 - Démocrite d’après Simplicius, Commentaire sur la physique d’Aristote, 327, 24 (DK B-CLXVII; EP p543).

5 - Démocrite d’après Aristote, Physique, II, IV (DK A-LXIX; EP p437). En complément, voir (Leuccipe DK A-I; EP p383).

6 - Démocrite d’après Cicéron, Des Fins, I, VI, 17 (DB A-LVI; EP p431).

7 - Démocrite d’après pseudo-Plutarque, Stromates, 7 (DK A-XXXIX; EP p422).

8 - Démocrite d’après Hippolyte, Réfutation de toutes les hérésies, I, 13 (DK A-XL; EP p423). Démocrite exprime ici ce que nous appelons aujourd’hui le principe anthropique (faible).

9 - Démocrite d’après Aétius, Opinions, V, XIX, 6 (DK A-CXXXIX; EP p475).

10 - Démocrite d’après Aristote, Traité de l’âme, I, V, (DK A-CIVa; EP p452). En complément, voir (Leuccipe DK A-XXVIII; EP p396). A propos des particularités individuelles de l’âme matérielle, voir Lucrèce (Chant III, 307-322).

11 - Démocrite d’après Aétius, Opinions, IV, VII, 4 (DK A-CIX; EP p454).

    è “Bien qu’ils ignorent la décomposition de notre nature mortelle, certains hommes, conscients des mauvaises actions dont leur vie est remplie, passent misérablement en troubles et en frayeur le temps qui leur reste à vivre, inventant des fables mensongères sur le temps qui fait suite à la mort ” Démocrite (DK B-CCXCVII; EP p596).

12 - Diogène Laërce, Vies des philosophes illustres, Démocrite (DK A-I; EP 401).
13 - Sénèque, Questions naturelles, VII, 3, 2 (DK A-XCII; EP p446). 

14 - Lucrèce, Chant V, 622.

15 - Lucrèce, Chant I, 62-79.

16 - Epicure, Lettre à Hérodote, 39. De même, selon Démocrite l’univers est immuable (DK A-XXXIX; EP p422).

            è “Epicure et ses amis pratiquaient plusieurs formes de culte en raison de causes naturelles” (Us 13), car “pour remplacer la religion, la philosophie doit en tant que philosophie devenir religion” Ludwig Feuerbach (nécessité d'une réforme de la philosophie).

17 - Epicure, Lettre à Hérodote, 45.

18 - Epicure, Lettre à Hérodote, 63. En complément, lire Lucrèce (Chant III).

19 - Virgile, Les Géorgiques, II, 490.

20 - Cahiers de Leonard de Vinci, Maximes philosophiques.

            è Plusieurs autres maximes de Leonard de Vinci sont compatibles avec l’ultra-rationalisme : “La nécessité est le thème et l’inventeur, l'éternel courbeur et loi de la nature”. “Dans la nature, tout a toujours une raison. Si tu comprends cette raison, tu n'as plus besoin de l'expérience.” “L'homme qui reproche la certitude suprême des mathématiques se nourrit de confusion, et ne peut jamais sortir des contradictions des pseudosciences qui conduisent à un éternel charlatanisme.”

21 - Gotthold Lessing d’après Friedrich Heinrich Jacobi, lettres à Moses Mendelssohn. Pour la place majeure de Spinoza dans le courant des lumières, voir & Les lumières radicales : la philosophie, Spinoza et la naissance de la modernité. Jonathan Israel.

22 - Déclaration d’indépendance des états-unis d’amérique, 4 juillet 1776.

23 - Saint-Just, discours prononcé devant la Convention, le 13 ventôse An II (3 mars 1794).

24 - Spinoza, Ethique, II, XL, scholie II et Ethique, V, XXV-XXXVI.

25 - Spinoza, Ethique, IV, préface.

26 - Spinoza, Ethique, I, XVI.

27 - Spinoza, Ethique, I, XVII, scholie.

28 - Einstein, lettre à Murray W. Gross, 26 Avril 1947 (EA 33-321; ER p138/139).

29 - Einstein, lettre à un athée, 22 mars 1954 (EA 39-525; HS p43).

30 - Einstein à un rabbin de Chicago, W. Plaut, fin 1939 (HS p69/70).

    è Pour Einstein, “le savant est pénétré par le sens de la Causalité universelle” (“The religious spirit of science” CJM p20 ou IO p40) et c’est cela seul qui fonde ce qu’il appelle sa “religiosité cosmique”, qui n’a donc “rien à voir avec le mysticisme”, ni avec “la théosophie ou le spiritualisme qui n’est rien d’autre qu’un symptôme de faiblesse et de confusion” (EA 36-527; HS p39/40). “Le mot Dieu n'est pour moi rien de plus que l'expression et le produit des faiblesses humaines, la Bible un recueil de légendes, certes honorables mais primitives qui sont néanmoins assez puériles. Aucune interprétation, aussi subtile soit-elle peut selon moi changer cela” (EA 59-897).

31 - Einstein, lettre à Maurice Solovine, 1 Janvier 1951 (EA 21-274).

32 - Démocrite, d’après Cicéron, De la nature des Dieux, I, XLIII, 120 (DK A-LXXIV; EP p439). En complément, voir Aétius, Opinions, I, VII, 16 (DK A-LXXIV; EP p438) et (DK B-CXXIX; EP p531).

33 - Démocrite d’après Sextus Empiricus, Contre les mathématiciens, VII, 265 (DK B-CLXV; EP p541). En complément, voir (DK B-CXLII; EP p534).

34 - Spinoza, Traité théologico-politique, chapitre XV.

35 - Spinoza, Ethique, II, XLIII, scholie.

            è J’invite à faire une lecture einsteinienne de ce passage, c’est-à-dire à accorder une valeur métaphorique à l’idée d’un dieu créateur externe dont notre esprit serait parvenu à égaler les pensées.

36 - Epicure, Sentence vaticane n°10, également attribuée à Métrodore par Clément d’Alexandrie. C’est la vision qu’Homère prêtait aux dieux.

37 - Lucrèce, Chant III, 28-30.

38 - Démocrite d’après Albert le Grand, Ethique, I, I, 3 (DK B-CCCIX; EP p583).

            è Cette formule fut reprise, déformée et popularisée par Protagoras, qui fut élève de Démocrite à Abdère, avant de déformer cette pensée en un relativisme que Démocrite (puis Epicure) combattit (DK B-CXIV; EP p416. Plutarque, Contre l’épicurien Colotès, VI. DK B-LXIX; EP p521).

            è Démocrite est une source majeure du courant athée, humaniste (note 38), universaliste (note 116), anti-esclavagiste (pseudo-Hippocrate, lettre n°17) et pro-démocratique (DK B-CCLI; EP p559) que combattait Platon (les sophistes venaient presque tous d’Abdère). & La société ouverte et ses ennemis. Karl Popper. Chapitre 10 et 11.

39 - Spinoza, Ethique, V, XXXVI.

    è Dans le scholie, Spinoza identifie la gloire née de l’amour de Dieu à la satisfaction de soi, et il nous renvoie à la définition XXV des affects (Ethique III), où il oppose ce sentiment à l’humilité (dans l’explication suivante). Spinoza définit la satisfaction de soi-même comme “une joie accompagnée de l’idée de soi comme cause” (Ethique, III, LIII, et III, LI, scholie), et l’identifie comme “l’amour de soi” (dans l’explication de la définition XXVIII). Il affirme également que “la Raison [...] demande à chaque homme de s'aimer lui-même” (Ethique, IV, XVIII, scholie).

40 - Pour la liste des œuvres de Démocrite, consultez Diogène Laërce, vie des philosophes illustres. David, philosophe arménien de la fin du Vème siècle, rapporte que “pour Démocrite, l’homme est un microcosme”, dans ses prolégomènes à Aristote, 38, 14 (DK B-XXXIV; EP p516). Cette idée apparait également chez Hippocrate qui a subi l’influence de Démocrite.

41 - Spinoza, Ethique, III, définition des affects I. Comme ici, chez Spinoza, le Désir n’est pas une passion passagère mais un effort permanent et constitutif de l’être (Ethique, III, VII et VIII).

42 - Spinoza, Ethique, IV, LIII.

43 - Fusion de deux textes de Spinoza sur la satisfaction de soi : Ethique, III, Définition XXV et Ethique, IV, LII, Scholie.

44 - Thomas Jefferson, lettre à William Short, 31 Octobre 1819. Voir aussi, la lettre à Charles Thompson, 1816. Thomas Jefferson déclarait être disciple d’Epicure, mais il était en fait plus proche du déisme matérialiste de Pierre Gassendi. Il possédait les oeuvres de Spinoza dans sa bibliothèque.

45 - Lucrèce, Chant V, 8.

46 - Epicure, lettre à Ménécée, 135. En complément, voir les maximes vaticanes n°35 et 48.

47 - Einstein, note adressée à Adrianna Enriques, octobre 1921 (EA 36-588; HS p83).

    è Einstein invoque l’émerveillement de l’enfant à d’autres occasions : “[Ernst Mach] regarda le monde avec les yeux d’un enfant jusqu’à un âge avancé” (CPAE vol6 doc29; NQ p90). “Bohr est là et je suis épris de lui. Il est comme un enfant extrêmement sensible qui se déplace dans ce monde, comme dans une sorte de transe” (lettre à P. Ehrenfest, 4 mai 1920; NQ p73). “Nous ne cessons jamais de rester comme des enfants curieux devant le grand mystère dans lequel nous sommes nés (lettre à O. Juliusburger, 29 septembre 1947; HS p82). La joie de l’enfant était également une référence chez les épicuriens (Sénèque, lettre à Lucilius n°124. Cicéron, des Fins, I, XXI, 71. Sentence vaticane n°60).

48 - Einstein, Comment je vois le monde, 1931 (CVM p8-10 ou IO p9/10).

49 - Epicure d’après le traité polémique de Plutarque, Qu'il n'est pas même possible de vivre agréablement selon la doctrine d'Epicure.

    è Cet existentialisme héroïque est perceptible chez Epicure, lorsque juste avant de mourir, il déclare : “ce dernier jour est le plus beau de toute ma vie” (Us 138. Us 122), fasciné par le plaisir d’avoir triomphé de l’existence. Ne pas se cacher la dureté de la condition humaine, ni nier la souffrance, mais les surmonter grâce à une joie développée par la philosophie est un idéal qui transparaît nettement dans la lettre à Idoménée, dans le fragment cité par Marc-Aurèle (Us 191) et aussi chez Lucrèce. Je vous invite à faire le lien entre cette volonté d’invincibilité (Us 141. Us 601), et les cris de joie des épicuriens (Us143. Us 419. Us605).

50 - Spinoza, Traité de la réforme de l’entendement, II, 14.

51 - Epicure, Lettre à Hérodote, 75.

            è “Navigation, culture des champs, architecture, lois, armes, routes, vêtements et toutes les autres inventions de ce genre, et celles mêmes qui donnent à la vie du prix et des plaisirs délicats, poèmes, peintures, statues parfaites, tout cela a été le fruit du besoin, de l'effort et de l'expérience ; l'esprit l'a peu à peu enseigné aux hommes dans une lente marche du progrès. C'est ainsi que le temps donne naissance pas à pas aux différentes découvertes qu'ensuite l'industrie humaine porte en pleine lumière. Les hommes voyaient en effet les arts éclairés d'âge en âge par des génies nouveaux, pour atteindre un jour leur plus haute perfection” Lucrèce (Chant V, 1448-1457).

52 - Spinoza, Traité Théologico-Politique, chapitre IV.

53 - Einstein, société et personnalité (IO p15 ou CVM p14). En complément, voir le texte “science and society” (LY).

54 - Spinoza, Ethique, IV, chapitre XXXII.

55 - Epicure, Sentence vaticane n°60. En complément, voir (Us 495).

56 - Maxime capitale n°II [= sentence vaticane n°2]. En complément voir, Epicure, lettre à Ménécée, 125.

57 - Spinoza, Ethique, IV, LXVII.

58 - Démocrite d’après Jean Stobée, Florilège, III, IV, 79 (DK B-CCV; EP p551). Rongé par la vieillesse, Démocrite aurait volontairement mis fin à ces jours (DK A-I. Lucrèce, Chant III, 1039-1041).

59 - Démocrite d’après Jean Stobée, Florilège, III, XVIII, 30 (DK B-CCXXXIV; EP p556). On retrouve la même pensée dans la sentence vaticane n°65 d’Epicure.

60 - Démocrite d’après pseudo-Hippocrate, lettre n°23 (DK C-VI; EP p586).

            è Pour Démocrite et Epicure, la médecine est soeur de la philosophie car la médecine guérit le corps, et la philosophie soigne l’âme (DK B-XXXI. Us 221. sentence vaticane n°54).

61 - Spinoza, Ethique, V, XXII.

    è Spinoza fait référence à une existence passée, ou plus exactement à une existence éternelle, mais “il ne peut se faire que nous nous souvenions d’avoir existé avant le corps puisqu’il ne peut y avoir de traces dans le corps” (Ethique, V, XXIV, scholie).

62 - Démocrite d’après Cicéron, Premiers académiques, II, XVII, 55 (DK A-LXXXI; EP p442).

            è“[Démocrite] estimait que la vision fait obstacle à la pénétration de l’esprit, alors que d’autres souvent ne voient même pas ce qui est sous leurs pas, lui voyageait de par tout l’infini, sans se heurter à aucune limite” (DK A-XXII; EP p412). Pour Démocrite, les sens produisent une connaissance batarde, alors que la “vision intellectuelle” est légitime et permet de percevoir la totalité de l’univers au-delà de ce que nous apprenent nos sens (DK B-XI; EP p500).

63 - Démocrite d’après pseudo-Hippocrate, lettre n°10.

64 - Lucrèce, Chant III, 974-977, 854-860 (et 847-849). $ Comment peut-on être Dieu ? La secte d’Epicure. Renée Koch. (p111).

    è Le physicien Alexander Vilenkin parvient à la même conclusion en raisonnant avec le principe d’incertitude (Many Worlds in One).

65 - Spinoza, Traité Théologico-Politique, préface.

66 - Démocrite d’après pseudo-Synésios, à Dioscorus, commentaires sur Démocrite (DK B-CCC17 et 18; EP p579/80). En complément, voir (DK B-CLXXII; EP p543. DK B-CCLVII et CCLVIII; EP p561).

67 - Einstein d’après Max Born, Physics im Wandel Meiner Zeit (NQ p247).

            è Tout en affirmant un déterminisme sans concession, Einstein s’opposait au réductionnisme grossier et inhumain des scientistes (“Science and Religion” IO p41. lettre à Hedwig Born, 31 août 1919; EA 8-254. lettre à Solovine envoyée vers janvier-février 1951.)

68 - Epicure d’après Diogène Laërce, Vies des philosophes illustres, Epicure.

69 - Epicure, Sentence vaticane n°45.

70 - Epicure, Sentence vaticane n°29. Voir aussi (Us 219).

71 - Epicure d’après Sénèque, lettre à Lucilius n°29 (Us 187).
72 - Epicure d’après Sénèque, lettre à Lucilius n°7 (Us 208).

73 - Epicure, lettre à Ménécée, 130.

74 - Epicure, Sentence vaticane n°77.

75 - Einstein, Comment je vois le monde, 1931 (CVM p8-10 ou IO p9/10). “C’est seulement à l’individu qu’une âme a été donnée” (Science and Religion ; IO p43).

76 - Einstein, Idéaux juifs, 1934 (CVM p100 ou IO p185).

77 - Démocrite, Maxime n°30 (DK B-LXV; EP p520). Voir aussi (DK B-LIII; EP p518. DK B-CLXXXIII; EP p546).

78 - Einstein, lettre à Hedwig Born, 31 août 1919 (EA 8-254; NQ p256).

79 - Interview réalisée par George Sylvester Viereck, What Life Means to Einstein, The Saturday Evening Post, 26 Octobre 1929 (NQ p9). Einstein l’aurait redit ailleurs (NQ p19) et ajoute qu’il “croit aux intuitions et aux inspirations” (NQ p267). En complément, voir son texte “science and civilisation” (LY).

80 - Lucrèce, Chant III, 55-58.

81 - Démocrite, Maxime n°8 [= Jean Stobée, Florilège, IV, XLIV, 68] (DK B-XLII; EP p517). En complément, voir (DK B-CCXCI; EP p568) et (Us 475).

82 - Epicure, Sentence vaticane n°74. En complément, voir la sentence n°27 et Us 219.

83 - Einstein reprend une citation de Gotthold Lessing, à la fin du texte the fundaments of theoretical physics, 24 mai 1940 (IO p335) et en mars 1955 (EA 1-205; NQ p244). Il disait aussi que “la lutte pour la vérité doit précéder tous les autres efforts” (EA 34-725; NQ p280). En complément, voir le début de sa “réponse aux scientifiques soviétiques” (LY).

84 - Démocrite, Maxime n°9 (DK B-XLIII; EP p517) et Epicure d’après Sénèque, lettre à Lucilius n°28 (Us 522). C’est loin d’être la seule pensée que l’on retrouve presque à l’identique chez Démocrite et Epicure.

85 - Epicure, maxime capitale n°I [= sentence vaticane n°1] qui s’adresse autant au sage qu’aux dieux. En complément voir (maxime capitale n°XVI. sentence vaticane n°79).

    è Une sensibilité toute proche est présente chez Spinoza lorsqu’il condamne ensemble l’humilité et la vanité comme deux produits de la faiblesse : “celui qui se rabaisse est tout proche de l’orgeuilleux” (Ethique, IV, LV- LVII et chap XXII).

86 - Démocrite, Maxime n°14 [= Jean Stobée, Florilège, III, XXXVIII, 46] (DK B-XLVIII; EP p518).

87 - Démocrite, Maxime n°12 [=Jean Stobée, Florilège, IV, XLIV, 69] (DK B-XLVI; EP p518).

88 - Démocrite d’après Plutarque, Oeuvres morales, sur les moyens de connaitre les progrès que l'on fait dans la vertu, 10, 81 A (DK B-CXLVI; EP p535). En complément, voir (DK B-CLXXXI; EP p546).

            è Selon Lucrèce, “l'esprit a le privilège de penser par lui-même et pour lui, et aussi de se réjouir en soi” (Chant III, 145).

89 - Epicure d’après Plutarque, Contre l’épicurien Colotès (Us 141).

90 - Spinoza, Ethique, IV, L.

            è Spinoza précise toutefois que “si un homme n'est jamais conduit, ni par la Raison, ni par la pitié, à venir en aide à son prochain, il mérite assurément le nom d'inhumain”. “[La philosophie apprend] à venir en aide à son prochain, non par une vaine pitié de femme, par partialité ou par superstition, mais par l'ordre seul de la Raison (Ethique, II, XLIX, Scholie), car “celui qui vit selon la Raison, désire pour autrui ce qu'il désire pour lui-même (Ethique, IV, LI, autre démonstration).

91 - Epicure, Sentence vaticane n°66. Le rejet de toute lamentation est également affirmé dans la maxime capitale XL.

92 - Spinoza, Traité Théologico-Politique, chapitre IV.

93 - Einstein, religion et science, The New York Times Magazine, 9 novembre 1930 (CVM p18 ou IO p39). En complément, voir aussi, the religious spirit of science (CJM p19 ou IO p40), y a-t-il une conception juive du monde ? (CVM p101 ou IO p186), et (EA 48-380; HS p66).

94 - Démocrite d’après Jean Stobée, Florilège, IV, I, 46 (DK B-CCLV; EP p560).

    è Démocrite disait également que “la misère générale est plus difficile à supporter que la misère individuelle, car l’espoir d’entraide disparaît” (DK B-CCLXXXVII; EP p568).

95 - Cicéron, Premiers académiques, II, XXIII, 73 (DK B-CLXV; EP p542).

    è “Le nom du philosophe Démocrite a été inscrit sur les monuments de l’histoire grecque comme celui d’un personnage qu’on doit vénérer plus que d’autres, et doté d’un prestige fort ancien” Aulu-Gelle (DK A-XXIII; EP p413).

96 - Démocrite, Maxime n°50 (DK B-LXXXIV; EP p522).

97 - Démocrite d’après Jean Stobée, Florilège, III, XXXI, 7 (DK B-CCXLIV; EP p 558).
            è Selon les épicuriens “le sage qui possède le plus grand bien du genre humain est également sage même si il n’y a aucun témoin” (Us 533).

98 - Démocrite d’après Jean Stobée, Florilège, IV, V, 46 (DK B-CCLXIV; EP p562). $ Khan C. Democritus and the Origins of Moral Psychology. The American Journal of Philology. 1985;106(1):1-31.

    è Démocrite reprend vraisemblablement l’idée de respect de soi à Pythagore, qu’il admirait et pour lequel il avait consacré un de ses livres de morale, intitulé : “Pythagore, ou de l’état de la sagesse” (DK A-I; EP p401). Comparez (note 98) avec les paroles d’or de Pythagore n°11-12 : “Ne pratique de chose honteuse jamais ni avec un autre, ni en particulier; mais plus que tout respecte-toi toi-même”.

99 - Démocrite, Maxime n°62 (DK B-XCVI; EP p524).

            è Démocrite insiste sur l’importance de l’intention dans l’acte morale (DK B-LXVIII; EP p520. DK B-LXXXIX; EP p523. DK B-CCXXI; EP p553) et en humaniste, il veut donc convaincre du bien et pas simplement l’imposer par autorité : “Meilleur guide en matière de vertu apparaît celui qui use de l’encouragement et de la persuasion verbale plutôt que de la contrainte de la loi, car celui que la seule convention détourne de l’injustice selon toute probabilité agit mal en cachette alors que celui que la persuasion convint ne commet selon toute probabilité rien de répréhensible ni en cachette ni ouvertement.” (DK B-CLXXXI; EP p546). En complément, voir aussi (DK B-XLI; EP p517 et DK B-CCXXXIX; EP p557).

100 - Démocrite d’après Jean Stobée, Florilège, III, III, 46 (DK B-CXCIV; EP p549).

101 - Spinoza, Ethique, V, XLII

    è Spinoza explique que “la béatitude consiste dans l’amour de Dieu”, et nous renvoie à la proposition XXXVI, qui identifie l’amour de Dieu à la gloire, elle-même identifiée à la satisfaction ou amour de soi. Spinoza parle du “désir de faire le bien” (Ethique, IV, XXXVII, scholie), ou encore de “faire le bien par amour du bien, et non par crainte du mal (crainte d’une sanction)” (TTP, chap IV). Alors, “l’esprit-saint n’est autre chose que cette paix parfaite qui naît dans l’âme à la suite des bonnes œuvres” (TTP, chap XV) .

102 - Epicure d’après Plutarque, Philosophandum esse cum principiis, 3, 778c (Us 544).

    è Depuis Kant, on simplifie souvent en disant que les stoïciens défendent le plaisir de la vertu, alors qu’Epicure défendrait la vertu seulement parce qu’elle sert à obtenir le plaisir. En fait, la situation est plus complexe, car Epicure considère lui-aussi qu’il existe un pur plaisir de la vertu, comme l’a illustré cette citation. Sénèque reconnaissait qu’“Epicure aussi est d’avis qu’avec la vertu l’homme est heureux” (lettre à Lucilius n°85). Cicéron observait que la majorité de ses contemporains considéraient “qu’Epicure enseigne qu’une action juste et honnête est à elle seule productrice de joie” (Des Fins, I, VII, 25), et effectivement, l’épicurien Torquatus “applaudit” la doctrine du plaisir de la vertu des stoïciens (Des Fins, I, XIX, 61). A propos des épicuriens, Cicéron ajoute que “le mot vertu est sur leurs lèvres tout le temps, et ils déclarent que le plaisir est seulement l'objet du désir au début, et ensuite l'habitude produit une sorte de seconde nature, qui fournit une motivation pour de nombreuses actions ne visant pas du tout le plaisir” (Des Fins, V, XXV; Us 398).

103 - Epicure, Sentence vaticane n°44.

104 - Spinoza, Ethique, I, XV, scholie.

105 - Leucippe d’après Clément d’Alexandrie, Stromates, II, 129 (DK A-XXXVII; EP p399). & Contre-histoire de la philosophie. Michel Onfray.

106 - Spinoza, Ethique, III, IX et XXXIX, scholie.

107 - Démocrite d’après Jean Stobée, Florilège, III, V, 22 (DK B-CCVII; EP p551).

108 - Spinoza, Ethique, II, XLIV, corollaire II.

109 - Spinoza, Ethique, IV, LXI.

110 - Spinoza, Ethique, IV, LVIII.

111 - Spinoza, Ethique, IV, XLV, corollaire II, scholie.

            è “Je vis que la richesse, la volupté, la gloire, ne sont funestes qu'autant qu'on les recherche pour elles-mêmes, et non comme de simples moyens ; au lieu que si on les recherche comme de simples moyens, elles sont capables de mesure, et ne causent plus aucun dommage ; loin de là, elles sont d'un grand secours pour atteindre le but que 1'on se propose.” (Traité de la réforme de l’entendement, II, 11) “Tous les désirs ne sont des passions proprement dites qu'en tant qu'elles naissent d'idées inadéquates ; mais en tant qu'ils sont excités et produits par des idées adéquates, ce sont des vertus” (Ethique, V, IV, scholie)

112 - Démocrite d’après Jean Stobée, Choix de textes, II, XXXIII, 9 (DK B-CLXXXVI; EP p547).

113 - Démocrite d’après Jean Stobée, Florilège, III, I, 210 (DK B-CXCI; EP p548).

114 - Démocrite, Maxime n°38 [= Jean Stobée, Florilège, III, V, 23] (DK B-LXXIII; EP p521).

115 - Einstein, Trois lettres à des amis de paix (CVM p59 ou IO p108). En complément, voir ses “aphorismes pour Leo Baeck” et “sur la liberté d’enseignement” (CVM p23/119 ou IO p28).

116 - Démocrite d’après Jean Stobée, Florilège, III, XL, 7 (DK B-CCXLVII; EP p559).

            è Démocrite : “Je suis assurément de tous mes concitoyens celui qui a le plus voyagé de tous, de part toute la Terre pour m’instruire, j’ai vu quantité de cieux et de contrées, j’ai écouté quantité d’hommes instruits, et nul ne m’a surpassé dans l’art de composer des écrits accompagnés de démonstrations pas même les géomètres égyptiens.” (DK B-CCXCIX; EP p570) “Pour tous les hommes, le bien et la vérité sont les mêmes, seul le plaisant varie entre les individus” (DK B-LXIX; EP p521), idée qu’Epicure reprend dans sa maxime capitale n°XXXVI.

117 - Epicure, Sentence vaticane n°9.

118 - Démocrite d’après Jean Stobée, Florilège, III, VII, 21 (DK B-CCXIII; EP p552).

119 - Démocrite d’après Jean Stobée, Choix de textes, II, XXXI, 66. (DK B-CLXXXII; EP p546). Voir aussi (DK B-CVIII; EP p526. DK B-CCXLIII; EP p558).

120 - Citation attribuée à Albert Einstein. Référence exacte inconnue sous cette forme. On trouve cependant une phrase presque identique dans son hommage à Pablo Casals, le 30 mars 1953 (EA 34-347; NQ p75).

121 - Einstein, à la fin des textes : “la conférence du désarmement de 1932” et “la question du désarmement” (CVM p64/70 ou IO p100/103).
122 - Einstein d’après Esther Salaman, A Talk with Einstein, The Listener, vol 54, p370,1955 (ER p123 ou NQ p194).

123 - Einstein à son assistant Ernst Straus (Carl Seelig, Helle Zeit-Dunkle Zeit, p72 ou ER p124 ou NQ p209).

124 - Epicure, Sentence vaticane n°47.

125 - Epicure, lettre à Ménécée, 135. Sur le thème du sage “égal des dieux”, voir aussi (Diogène d’Oenoanda, fragment n°125. Us 386, 387 et 602).

126 - Einstein, lettre à Cornelius Lanczos, 24 janvier 1938 (EA 15-267; HS p67 ou ER p40 ou EPH p349).

127 - Einstein, Principes de la recherche, discours prononcé en 1918 pour le soixantième anniversaire de Max Plank (CVM p123/124 ou IO p226).

128 - Einstein, lettre à Michele Besso, 10 septembre 1952, et lettre à Ilse Rosenthal-Schneider, 11 mai 1945 (EA 7-411 et EA 20-274; EPH p482/483). Les mêmes idées sont exprimées dans ses notes autobiographiques (AN p59/77).

129 - Pour Démocrite, à l’origine de toutes choses il y a l’être (fragmenté en l’infinité des formes possibles : les atomes) et le non-être (le vide), et l’on ne peut remonter plus bas que les concepts d’être et de non-être. Pour Einstein, voir : Physics and Reality, Stratification of the Scientific System (IO p293 ou Conceptions Scientifiques p26).

130 - & Le rêve d’une théorie ultime. Steven Weinberg. & L’univers élégant. Brian Greene. En complément, voir les films “Le rêve d’Einstein” avec Brian Greene.

131 - Impression d’Aristote sur les idées de Démocrite, Traité du ciel, III, IV, 303 (Leucippe DK A-XV; EP p391). En complément, voir aussi (Leucippe DK A-VI à XV; EP p385-391) et (Démocrite DK A-LIX; EP p432. DK A-XLIX; EP p428).
           
è Arimnestos, Leuccipe et Philolaos de Crotone, tous trois donnés comme des maîtres de Démocrite, étaient pour le premier un des fils de Pythagore, les deux autres des élèves de la première génération (Démocrite DK A-I; EP p401. Pythagore DK-VI; EP p113. Leuccipe DK A-V; EP p385. Philolaos DK A-II; EP p249. Démocrite DK B-XII; EP p503).

132 - Einstein, religion et science, The New York Times Magazine, 9 novembre 1930 (CVM p18 ou IO p39).

133 - Einstein, Science and Religion, 1941 (IO p49).

134 - Emmanuel Kant, Critique de la Raison pure, l’antinomie de la Raison pure.

            è Selon Kant, le principe de Causalité ne s'applique aux choses que dans le premier sens, c'est-à-dire en tant qu'elles sont des objets d'expérience, tandis que, dans le second sens (la réalité cachée), ces mêmes choses ne lui sont pas soumises” (préface de la seconde édition). “Les concepts de réalité, de substance, de causalité, voire celui de la nécessité sont des intitulés vides quand on s’aventure à sortir du champs qui correspond aux sens” (A679).

            è Plusieurs ouvrages nous parlent d’un jeune Einstein adepte de Kant, mais cette légende est démentie par Einstein lui-même : Je ne suis pas né dans la tradition kantienne, je n’en suis venu que très tard à comprendre ce qui est vraiment valable dans cette doctrine à coté d’erreurs qui sont tout à fait évidentes aujourd’hui” (Einstein: philosopher-scientist, reply to criticisms). Voir aussi sa lettre à Max Born écrite en 1918 (ER p41/42).

135 - Einstein, sur la méthode en physique théorique, the Herbert Spencer lecture, 10 juin 1933 (CVM p133/134 ou IO p274).

136 -    Le souverain bien

            è Pour Epicure, “une fois parvenu à l’ataraxie, tous les orages de l’âme se dispersent, l’être vivant n’ayant plus alors à marcher vers quelque chose qu’il n’a pas, ni à rechercher autre chose qui puisse parfaire le bonheur de l’âme et du corps” (Epicure, lettre à Ménécée, 128). Pour Spinoza : “J'ai pris enfin la résolution de rechercher s'il existe un bien véritable et capable de se communiquer aux hommes, un bien qui puisse remplir seul l'âme tout entière, après qu'elle a rejeté tous les autres biens, en un mot, un bien qui donne à l'âme, quand elle le trouve et le possède, l’éternel et suprême bonheur” (Traité de la réforme de l’entendement, I, 1). La philosophie doit “nous conduire comme par la main à la connaissance de l’esprit humain et de sa suprême béatitude” (Ethique, II, préface).

137 - $ Tegmark M. The Mathematical Universe. Foundations of Physics. 2008;38:101-150. (arXiv:0704.0646v2).

138 - $ Zeilinger A. A Foundational Principle for Quantum Mechanics. Foundations of Physics. 1999;29(4):631-643.

139 - & Le cantique des quantiques. Sven Ortolio et Jean Pierre Pharabod.

140 - & Si Einstein m’était conté. Thibault Damour (p185).

141 - Aristote définit Dieu comme “quelque chose qui meut sans être mû” (la Métaphysique, XII, VII), et que la plupart des commentateurs ont qualifié de “cause incausée”. Dans sa lettre à Max Born du 12 mai 1952, Einstein se moque du “fantôme qui affecte toute chose sans lui-même être affecté”.

142 - $ Linde A. Eternally existing self-reproducing chaotic inflationary universe. Physics Letters B. 1986 August;175(4):395-400.

143 - $ Aguirre et al. Steady-State Eternal Inflation. Physical Review. 2002; D 65 083507 (arXiv:astro-ph/0111191).

144 - $ Vilenkin A. Creation of universes from nothing. Physics Letters B. 1982 November;117(1-2):25-28.

145 - & Many Worlds in One. Alexander Vilenkin. & La magie du cosmos. Brian Greene. & Le paysage cosmique. Leonard Susskind.  & Quelques éléments de physique et de philosophie des multivers. Aurélien Barrau. $ Guth A. Eternal inflation and its implications. J.Phys. 2007;A40:6811-6826 (arXiv:hep-th/0702178v1)

146 - Einstein. Ether and the Theory of Relativity. 1920. (CPAE vol7 doc38).

147 - & Qu’est ce que l’espace ? Qu’est ce que le temps ? Carlo Rovelli.

148 - Démocrite d’après Aristote, Du sens et des sensibles, II, 440a 16-23 et Traité du ciel, III, VIII (DK B-CLVa; EP p538). Voir également, Lucrèce, Chant IV, 794-796.

149 - Anaximandre (DK A-X, XI et XXX; EP p36/37/46). Lucrèce, Chant IV, 820-840 et Chant V, 835-875.

150 - & Le gène égoïste. Richard Dawkins.

151 - & L’homme neuronal. J.-P. Changeux.

152 - & Biologie de la conscience. Gerald Edelman.

153 - $ Kay et al. I can see what you see. Nat Neurosci. 2009 Mar;12(3):245 (PMID: 19238184).

154 - & L’erreur de Descartes : la raison des émotions. Antonio Damasio.

155 - $ Klein et al. Is there something special about the self? A neuropsychological case study. Journal of Research in Personality. 2002; 36:490–506. $ Craik et al. In search of the self: A positron emission tomography study. Psychological Science. 1999 January;10(1):26-34.

156 - & Le sentiment même de soi. Antonio Damasio. Cet auteur distingue le proto-soi (animal), le soi-central (le sentiment de soi), et le soi autobiographique.

157 - $ Allen et al. Dissociative detachment and memory impairment: reversible amnesia or encoding failure? Compr Psychiatry. 1999 Mar-Apr;40(2):160-71. (PMID: 10080264). Voir en particulier le passage utilisant les références 30 à 32.

158 - $ Gleaves et al. An examination of the diagnostic validity of dissociative identity disorder. Clin Psychol Rev. 2001 Jun;21(4):577-608. (PMID: 11413868).
159 - Lucrèce, Chant II, 284-293. Diogène d’Oenoanda parle d’un “mouvement libre dans les atomes” (fragment n°54; Démocrite DK A-L; EP p429). En complément, voir (Démocrite DK A-LXIX; EP p437. Us 281. Us 378-379). Epicure qualifie le hasard de “cause” physique, au même titre que la pesanteur (Us 380).

160 - $ Wong et al. Phenotypic differences in genetically identical organisms: the epigenetic perspective. Hum Mol Genet. 2005 Apr 15;14 Spec No 1:R11-8. (PMID: 15809262). $ Srihari et al. Discriminability of fingerprints of twins. Journal of Forensic Identification. 2008;58(1):109-127. $ Muotri et al. Somatic mosaicism in neuronal precursor cells mediated by L1 retrotransposition. Nature. 2005 Jun 16;435(7044):903-10 (PMID: 15959507).

161 - Lucrèce, Chant I, 823-829.

162 - Spinoza, Traité de la réforme de l’entendement, XIV, 101. “j’estime les oeuvres suivant leur qualité, non suivant la force de l’agent qui les produit” (lettre n°21, à Blyenbergh).

            è A l’opposé des théologiens de la race ou de l’histoire, pour Spinoza, “la nature ne crée pas des nations, mais des individus” (TTP, Chap XVII).
163 - Diogène Laërce, Vies des philosophes illustres, Epicure.

164 - Plutarque, Contre l’épicurien Colotès, VI (Démocrite DK A-LIII; EP p430; Us 234).

165 - $ Epicurus and Democritean Ethics : An Archaeology of Ataraxia. James Warren. On remarquera que l’ataraxie épicurienne ressemble bien plus à l’euthymie de Démocrite qu’au plaisir cyrénaïque.

166 - Vie et mœurs d’Epicure, Livre V. Pierre Gassendi.

167 - Philodème de Gadara, De la musique, IV, 31 (Démocrite DK B-CXLIV; EP p534).

168 - Philodème de Gadara, Sur le franc-parler, fragment n°20 (Us 16).

169 - Diogène d’Oenoanda, fragment n°7.

170 - Fin de la dernière lettre de Spinoza à Hugo Boxel.

    è Ce n’est pas la première fois que Spinoza rejette Platon et son élève Aristote (TTP, préface). Spinoza accuse Platon en se basant sur Diogène Laërce qui nous rapporte que Platon voulait brûler tous les livres de Démocrite (DK A-I; EP p401). Platon réclamait d’ailleurs la peine de mort pour ceux qui prétendent que les choses arrivent selon “le hasard et la nature”, cette “doctrine que beaucoup de gens regardent comme la plus ingénieuse de toutes” (Lois, X).

            è Platon et Aristote contre la philosophie de la nature. En plus de défendre ses thèses spiritualistes, Platon attaque les philosophes de la nature (Phédon, 97b. Sophiste, 246. Lois, livre X). Pareillement, le mépris d’Aristote pour ce qu’il dénigre comme “cette espèce de philosophie” est perceptible dès le premier livre de sa “Métaphysique”.

171 - & Les lumières radicales : la philosophie, Spinoza et la naissance de la modernité. Jonathan Israel (p33, p295, p515, p601, p637, p660, p743).

172 - $ Spinoza, Epicure, Gassendi. Colloque Paris-Sorbonne, 17 mars 1993. Archives de Philosophie, Paris, 57-3, juillet-septembre 1994.

173 - Spinoza, Traité Théologico-Politique, Chapitre VI et Traité de la réforme de l'entendement, II, 12 : “tout ce qui arrive, arrive selon l'ordre éternel et les lois fixes de la nature”. Lucrèce, Chant I, 150 et Chant IV, 592-595.

174 - Lucrèce. Spinoza, Ethique, I, appendice. Pour les stoïciens, voir les entretiens d’Épictète (VI, sur la providence), ainsi que Sénèque (lettre à Lucilius n°65).

175 - “Le plaisir est le commencement et la fin de la vie bienheureuse” Epicure (lettre à Ménécée, 128). “Entre toutes les passions qui se rapportent à l'âme, en tant qu'elle agit, il n'en est aucune qui ne se rapporte à la joie ou au désir” Spinoza (Ethique, III, LIX).

176 - Lectures de Spinoza.

    è Loin des caricatures des adversaires et des interprétations erronées qui veulent voir dans le spinozisme une sorte de stoïcisme niant l’essence et la liberté humaine par une réduction des êtres à leurs causes mécaniques pour ne plus trouver de sens que dans le grand-tout, une lecture attentive montre que cette philosophie est en fait le contraire, et se bien plus rapproche de la tradition matérialiste humaniste initiée par Démocrite. Tout d’abord, Spinoza se démarque lui-même des fatalistes en rejetant “le fatum […] pour l’usage de la vie, [où] il est indispensable de considérer les choses, non comme nécessaires, mais comme possibles” (TTP, chap IV). Il juge également absurde d’invoquer la nécessité pour excuser les mauvaises actions (lettre n°58, à Schuller). Ensuite, lorsque Spinoza traite de l’âme humaine, il parle “des lois de sa nature” (Ethique IV, définition VIII et propositions XVIII, scholie ; XIX ; XXIV), et non des lois de “la” nature en général, car l’âme spinoziste n’est pas un objet entièrement passif, totalement commandé par des causes extérieures, mais elle “agit” lorsqu’elle a des “idées adéquates”, c’est-à-dire des idées qui expriment “l'essence de cette âme” (Ethique, III, I et III), ce qui l’amène à accepter le “libre-arbitre” (lettre n°58, à Schuller), à condition de le considérer comme une nécessité intérieure. Enfin, la doctrine philosophoqie de Spinoza se donne pour but d’accroître notre “puissance d’agir” grâce à la liberté, qui est le titre de la dernière partie de l’Ethique. Au sommet de son oeuvre (Ethique, V, XXXVI, scholie), Spinoza considère que toute la force de sa doctrine réside dans le fait qu’elle mène à regarder le réel selon le point de vue des “choses singulières”. Des deux points de vue possibles (Ethique, IV, Chap I), Spinoza préfère voir chaque être fini comme une manifestation divine (vision humaniste), plutôt que comme une partie du grand-tout (vision stoïcienne ou théologique). En effet, à chaque fois que Spinoza a procédé à une identification avec Dieu, il a insisté pour préciser que celle-ci se produisait “non pas en tant qu’infini”, mais en tant que la puissance de Dieu s’exprime dans la chose finie, ce pourquoi il considère que “plus nous connaissons les choses singulières, plus nous connaissons Dieu” (Ethique, V, XXIV). Il résume lui-même sa doctrine par la formule : “la puissance par laquelle existent et agissent les êtres de la nature est la puissance même de Dieu” (Traité Politique, chapitre II, 3), Il n’est donc pas tant surprenant qu’il aimait le vers humaniste de Cécilius Statius : “l’homme est un Dieu pour l’homme” (Ethique, IV, XXXV, scholie).

177 - Epicure, Sentence vaticane n°55. Spinoza, Ethique, V, VI.

178 - Spinoza, Traité Théologico-Politique, préface et chapitre XVIII.  Epicure (Us 560). Lucrèce, Chant II, 37-40 et Chant V, 1116-1240. Diogène d’Oenoanda, fragment n°54.

179 - “Le but de l’état, c’est la liberté” Spinoza (Traité Théologico-Politique, chapitre XX). Sénèque, lettre à Lucilius, n°88.

180 - Epicure, Maximes Capitales de XXXI à XXXIX. Spinoza, Ethique, IV, XXXVII et Traité Théologico-Politique, chapitre XVI.

181 - Préface à la traduction allemande de Hermann Diels, volume II.

182 - Einstein, lettres à Maurice Solovine du 9 avril et du 26 août 1947 (EA 21-250 et 21-202).

183 - Einstein, lettre datée du 3 décembre 1950 (EA 61-821; HS p27)

184 - Einstein, lettre à Max et Hedi Born, 12 avril 1949 (EA 8-223). Comparez avec Epicure (note 103).

185 - & Albert Einstein, créateur et rebelle. Banesh Hoffmann et Helen Dukas. Epicure note (68-74).

186 - $ Kouznetsov B. Einstein and Epicurus. Diogenes. 1973;21(44):44-69. Voir aussi (EA 45-751 et EA 60-684; NQ p60).

187 - Einstein à Margot Einstein, d’après Hanna Loewy, Television Einstein Biography, Richard Kroehling, 1991 (NQ p61).

188 - Einstein d’après Max Born, Physics im Wandel Meiner Zeit, p240 (NQ p61).

189 - Einstein, lettre à la famille Besso, 21 mars 1955 (EA 7-245; NQ p73)

190 - Einstein, lettre à Maurice Solovine, 4 mars 1930 (EA 21-202). Einstein émet une critique contre Démocrite, mais on ne voit pas bien à quoi il se réfère dans ses fragments.

191 - Einstein, lettre à Max von Laue, 26 mai 1933 (EA 16-089; Einstein on Politics, D. Rowe and R. Shulmann, p278)

192 - Einstein à la fille d’un voisin, à Caputh (HS p30). Comparez avec Démocrite (note 116).

193 - L’évolution des idées en physique. Einstein et Infeld. (chapitre 1, l’arrière-plan philosophique).

194 - Einstein, Autobiographical-Notes (Paul Arthur Schilpp, Albert Einstein Philosopher-Scientist)

195 - & Paty M. Einstein et Spinoza. Association des amis de Spinoza, 19 mars 1983.

196 - Einstein, lettre à sa cousine Elsa, 3 septembre 1915 (EA 73-50; Einstein's Third Paradise, Gerald Holton, p33).

197 - Einstein, lettre à Willy Aron, 14 janvier 1943 (EA 33-296; ER p46)

198 - Formule latine de Spinoza (Ethique, V, XXXVI) qu’Einstein cite dès 1916 dans sa note sur Ernst Mach (CPAE vol6 doc29) et encore en 1948 (Religion and science : irreconciliable ?; IO p52).

199 - Einstein, télégramme au rabbin Herbert Goldstein en 1929 (EA 33-272; ER p49 ou NQ p197). On retrouve l’expression “Dieu de Spinoza” dans ses lettres à Maurice Solovine et à Michel Besso.

200 - Spinoza, Ethique, IV, XXVIII, démonstration.

201 - Einstein, lettre à Willy Aron, 17 octobre 1946 (EA 33-301; note 195). Einstein visita la maison de Spinoza à Rijnsburg, le 2 novembre 1920.

www.lorentz.leidenuniv.nl/history/Einsteins_poem/Spinoza.html

202 - EA 31-18; ER p43.

203 - EA 33-291; NQ p200.

204 - Einstein d’après George Sylvester Viereck, Glimpses of the Great (ER p48, ou NQ p99). Pour l’opinion d’Einstein sur l’immatérialité de l’âme voir (HS p38-40).

205 - Einstein, lettre à Dagobert Runes, 8 septembre 1932 (EA 33-286; ER p45).

206 - Where is science going ? Max Planck. Epilogue, dialogue socratique entre Einstein et Murphy James (EPH p481).

207 - Einstein, lettre à Eric Gutkind, 3 janvier 1954 (EA 59-897; note 195).

208 - Poésie et vocabulaire religieux

    è Comme Einstein et Spinoza, les atomistes antiques employaient le vocabulaire religieux dans un sens poétique : Démocrite (note 32-33 et d’après la lettre n°17 de pseudo-Hippocrate : “les animaux que tu vois ici ouverts, je les ouvre, non pas que je haïsse les oeuvres de la divinité, mais parce que je cherche la nature et le siège de la bille”). Epicure se disait l’égal des dieux tandis que Lucrèce commence son poème par un hymne à Vénus et explique que “si l'on veut appeler la mer Neptune, et les moissons Cérès, si l'on se plaît à employer abusivement le nom de Bacchus au lieu du terme propre qui désigne le vin, on est maître aussi de donner à la terre le titre de Mère des dieux, pourvu qu'en réalité on préserve son esprit de la souillure honteuse de la superstition” (Chant II, 651-660).

209 - Un bien immortel

            è “Démocrite faisait résider le bonheur dans la connaissance des choses” (DK A-CLXIX; EP p488). Selon lui, “pour parvenir au bonheur il ne faut pas faire résider les plaisirs dans les choses mortelles” (DK B-CLXXXIX; EP p547). Epicure poursuit : “Je recommande l’étude constante de la nature, grâce à laquelle je jouis dans ma vie d’une sérénité parfaite” (lettre à Hérodote, 37. voir également la maxime vaticane n°27 et Us 219), aussi “il n’a plus rien de commun avec les mortels, l’homme qui vit au milieu de biens immortels (lettre à Ménécée, 135). Lucrèce développe : “l'homme est un malade qui ne sait pas la cause de son mal. S'il la pouvait trouver, il s'appliquerait avant tout, laissant là tout le reste, à étudier la nature ; car c'est d'éternité qu'il est question, non pas d'une seule heure ; il s'agit de connaître ce qui attend les mortels dans cette durée sans fin qui s'étend au delà de la mort” (Chant III, 1068). C'est à ce type de bien immortel auquel Spinoza fait référence au début du traité de la réforme de l’entendement ainsi qu’à la fin de l’Ethique et que l’on retrouve chez Einstein : “les équations sont plus importantes que la politique selon moi, car la politique c’est pour le présent alors que les équations est quelque chose pour l’éternité” (Carl Seelig, Helle Zeit-Dunkle Zeit, p71).

 

 

            Sources des éléments évoqués hors citations : Vie de Démocrite d’Epicure et des épicuriens (Diogène Laërce), Démocrite et les poètes (DK B-XVIa à XXI; EP p509-510), Epicurisme et république (Numénius d’Apamée, fragment n°24. Us 94. Cassius Longinus), Apollon (Us143. Us148), les amoureux (Héliodore, Ethiopiques, I, 16), la mort de Spinoza (Jean Colérus), Einstein et la beauté de la nature révélée par la science (HS p67. EPH p349/393).

 

            Note de vocabulaire : J’ai parlé d’ultra-rationalisme afin de me démarquer clairement du rationalisme seulement méthodologique. Le mot “morale” étant chez moi débarrassé de ses préjugés dogmatiques et théologiques, je l’ai utilisé simplement comme synonyme d’éthique. J’ai emprunté les expressions “les âmes impuissantes” et “la puissance d’exister” à Spinoza. Reprenant la définition de l’humanisme comme étant la doctrine qui met l’homme au centre et parlant d’hyper-humanisme pour celle qui fait de l’individu singulier un dieu-vivant, j’ai appelé leurs contraires des théologies. Toutes les doctrines qui placent quelque chose d’autre que l’individu conscient de ses désirs intimes au coeur du système de valeur (un dieu transcendant, la nature, l’état, la race, les rapports sociaux, l’inconscient...) sont pour moi théologiques, et par définition anti-humanistes. Par conséquent, le mot “théologique”, comme le mot “fataliste”, ont été employé dans une acception élargie, dérivée du sens originel.

 

            Remerciements : Je tiens à remercier Arnaud Andriot pour les corrections de style et pour ces longues soirées passées à discuter de ces idées. Elles m’ont permis d’affiner et de corriger certaines de mes conceptions.

 

 

 

 

 

 

 

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